Une vision et 15 recommandations pour l’avenir de la coopération transfrontalière

Depuis la fin des échanges du Dialogue citoyen franco-allemand sur le renforcement de la coopération transfrontalière dans le contexte du Covid-19, les 40 citoyen.ne.s participant.e.s ont remis leurs recommandations à Claudine Ganter, conseillère régionale de la région Grand Est et Gisela Erler, conseillère d’Etat du Baden-Würtemberg. Ces recommandations seront ensuite portées aux différentes instances de la coopération transfrontalière.

Les 15 propositions développées par les participant.e.s s’appuient sur leur vision de l’avenir de la coopération transfrontalière. Selon les participant.e.s, la coopération transfrontalière entre les deux pays doit être renforcée dans tous les domaines. Le groupe estime également que la coopération devrait être plus lisible pour les citoyen.ne.s, et les associer plus souvent, à l’image de cette démarche. Le sens du collectif ne doit pas s’arrêter aux frontières des deux pays : pour ses habitant.e.s, la région transfrontalière est en effet un bassin de vie commun. Afin de simplifier le vivre ensemble au quotidien, il faut dans tous les domaines harmoniser et simplifier l’administration et réduire les obstacles bureaucratiques qui s’imposent aux habitant.e.s au niveau transfrontalier.

Le mandat confié aux citoyen.ne.s était d’élaborer des propositions pour renforcer la coopération transfrontalière, en prenant en compte ce contexte particulier de crise sanitaire. 15 propositions ont été élaborées par le groupe. Cet ensemble de propositions est décliné en 4 champs, identifiés par le groupe comme prioritaire pour l’avenir de la coopération transfrontalière : l’éducation et la culture ; l’administration et la gouvernance ; la mobilité, les transports et l’environnement ; l’emploi et l’économie.

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Des propositions accueillies favorablement par les élues

Lors de la dernière session, les 16 et 17 avril 2021, les participant.e.s ont présenté leur avis à deux élues, Gisela Erler, conseillère à la participation citoyenne de l’Etat du Bade-Wurtemberg, et Claudine Ganter, conseillère aux relations internationales et transfrontalières de la région Grand Est, ainsi qu’à Benjamin Kurc, directeur du Fonds citoyen franco-allemand. Les élues ont accueilli très favorablement les propositions des citoyen.ne.s, et souhaitent mettre en place certaines propositions comme celle sur les fêtes culturelles franco-allemandes par exemple. Elles ont cependant alerté les participant.e.s sur les obstacles administratifs et politiques de la mise en place de certaines propositions, certaines compétences sont gérées par les états.

Les 15 propositions, détaillées ci-dessous, font partie intégrante de leur vision de l’avenir de la coopération transfrontalière. Pour eux.elles, la coopération transfrontalière entre les deux pays doit être renforcée encore plus dans tous les domaines, et être plus lisible et plus engageante pour les citoyen.ne.s du territoire.  Le sens du collectif ne doit pas s’arrêter aux frontières des deux pays car la région transfrontalière est notre bassin de vie commun. Afin de simplifier le vivre ensemble au quotidien, il faut dans tous les domaines harmoniser et simplifier l’administration et réduire les obstacles bureaucratiques qui s’imposent au niveau transfrontalier. Les propositions :

  1. Jumeler les écoles et créer des équipes pédagogiques bilingues
  2. Organiser de grandes fêtes de retrouvailles franco-allemandes post-COVID 19
  3. Organiser des échanges entre les scènes culturelles transfrontalières
  4. Une communication proactive sur les projets et soutiens financiers pour la mise en place des projets citoyens
  5. Un chatbot sur les questions transfrontalières
  6. Une meilleure information sur les instances et projets transfrontaliers
  7. La réduction des disparités sociales, fiscales et économiques dans la région du Rhin supérieur
  8. L’harmonisation des systèmes de santé et numérisation des démarches pour les transfrontalier.ère.s
  9. Mettre en place des échanges entre professionnel.le.s de santé entre les deux pays
  10. Une évaluation pour repenser le transport en commun et la mobilité en accord avec nos besoins réels
  11. La création d’un billet transfrontalier avantageux pour tou.te.s
  12. Créer des échanges franco-allemands éco-responsables et durables
  13. Des propositions pour un avenir vert
  14. Favoriser les formations professionnelles bilingues dans différents domaines
  15. Une bourse à l’emploi transfrontalière

Pour maximiser l’impact de la démarche, Missions Publiques et ses partenaires du Bade-Wurtemberg et de la région Grand Est envisagent plusieurs sessions de travail et événements, à confirmer :

  • Un workshop de travail sur les propositions des citoyen.ne.s réunissant les parties prenantes de la coopération transfrontalière
  • Une rencontre « en présentiel » entre les participant.e.s et avec les élues et services embarqués pour échanger sur la démarche
  • Une présentation de la démarche et de ses résultats à l’occasion du Forum Mondial pour la démocratie, à Strasbourg en novembre 2021

 

Des aspirations pour l’avenir de l’Europe

À l’heure des nombreuses consultations citoyennes sur l’avenir de l’Europe, il apparaît important de penser en dehors des frontières géographiques des pays, mais de réfléchir aux territoires en termes de bassins de vie. En effet, un.e ressortissant.e allemand peut très bien vivre en France ou travailler au Luxembourg. Cette démarche transnationale nous permet de prendre conscience non seulement des usages et besoins présents des participant.e.s de ces territoires, mais aussi de leurs aspirations pour le futur. Alors que la crise sanitaire a amené les gouvernements nationaux à (re)penser les territoires en termes de frontières, les processus citoyens nous amènent à prendre de la hauteur par rapport à la situation et à imaginer d’autres manières de vivre ensemble, plus résilientes aux crises et respectueuses du vécu des habitant.e.s.

La délibération entre les citoyen.ne.s est techniquement possible, et nécessaire pour créer une véritable démocratie participative sur les territoires transfrontaliers. Nous pourrions imaginer d’autres démarches participatives de ce type, sur d’autres territoires, ou encore avec un mandat plus précis. Cette démarche a en effet montré que la coopération dans certains domaines précis, comme la culture et la langue ou la mobilité et l’environnement, aurait pu faire l’objet d’un processus de dialogue. Pour ce premier dialogue franco-allemand, nous avons fait le choix d’un mandat volontairement large et ouvert, pour permettre aux participant.e.s d’identifier les sujets à creuser.

Surtout, l’idée de pérenniser ce type de dialogue transfrontalier a été largement soutenu par les citoyens, qui prend en compte les différences culturelles et linguistiques, afin que les participant.e.s puissent se comprendre et se sentir représenté.e.s, tout en assurant la fluidité des échanges autour de discussions informelles et personnelles. Ces moments ont été précieux pour créer une dynamique de groupe bien que cette démarche se soit déroulée entièrement en distanciel.

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