Archives des jeunesse - Missions Publiques https://missionspubliques.org/tag/jeunesse/ Mon, 25 May 2026 12:54:11 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.8.5 https://missionspubliques.org/wp-content/uploads/2021/03/favicon.png Archives des jeunesse - Missions Publiques https://missionspubliques.org/tag/jeunesse/ 32 32 Parlement des Jeunes : quand 200 voix décident de ne plus attendre https://missionspubliques.org/parlement-des-jeunes-quand-200-voix-decident-de-ne-plus-attendre/ Mon, 25 May 2026 12:54:11 +0000 https://missionspubliques.org/?p=12533 L’article Parlement des Jeunes : quand 200 voix décident de ne plus attendre est apparu en premier sur Missions Publiques.

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Lancé en 2021 par La Fabrique d’Avenir, le Parlement des Jeunes réunit chaque année des jeunes de toute la France pour travailler collectivement sur les grands enjeux de société. Sa troisième édition s’est clôturée en avril 2026 au CESE, avec 200 parlementaires répartis en huit commissions. Défense, écologie, désinformation, protection de l’enfance : en quelques semaines, ces jeunes ont produit des propositions sur les sujets qui définissent leur monde. Mais ce que racontent ces huit témoignages, c’est autre chose : une génération qui ne veut plus attendre qu’on lui fasse de la place et qui a décidé de la prendre.

Commission : Protection de l’enfance (et aide sociale à l’enfance)

J’ai accepté de participer au Parlement des Jeunes car cette expérience m’a tout de suite semblé particulière et très enrichissante. C’était pour moi l’occasion de partager mes combats, de faire entendre ce que je voudrais voir changer, et de porter des idées importantes pour les jeunes.

La commission qui m’a le plus touchée et que j’ai le plus défendue est celle de la protection de l’enfance. Nous y avons notamment défendu un taux d’encadrement digne pour les enfants, le respect des lois existantes, ainsi que la sécurisation des parcours. Ce sont des enjeux essentiels, même si beaucoup d’autres points ont également été portés dans le livrable.

Je retiens de cette expérience qu’elle a été particulièrement enrichissante, à la fois humainement et collectivement. J’y ai découvert de nouvelles personnes, de nouveaux points de vue, mais surtout la force des idées portées par les jeunes. Nous sommes capables de défendre nos convictions et de les pousser pour faire évoluer les choses. Il reste encore beaucoup à faire pour gagner nos combats, mais je retiens qu’il existe aujourd’hui des jeunes prêts à défendre leurs idées et à s’engager pour les faire avancer.

« Nous sommes capables de défendre nos convictions et de les pousser pour faire évoluer les choses.

Clarice Chartrain

Commission : Souveraineté et Défense

J’ai accepté de participer au Parlement des Jeunes pour rencontrer des personnalités influentes du monde économique et politique, mais aussi pour comprendre les leçons qu’elles auraient aimé recevoir à notre âge. Cette expérience m’a permis d’ouvrir mes horizons, de faire de nombreuses rencontres enrichissantes et d’échanger avec des jeunes qui partagent la conviction que la politique occupe une place centrale dans notre quotidien. Pour moi, il est essentiel de comprendre les enjeux de notre société afin de pouvoir agir concrètement.

J’étais membre de la commission Souveraineté et Défense, au sein de laquelle nous avons défendu l’idée d’un engagement renforcé de la jeunesse dans les forces armées, notamment à travers une alternative au service militaire obligatoire. L’objectif serait d’offrir un cadre et des perspectives à des jeunes qui n’ont pas encore trouvé leur place dans la société, ou pour qui le système scolaire traditionnel ne correspond pas. Nous avons également travaillé sur les questions de souveraineté économique et militaire de la France, ainsi que sur les débats liés à l’appartenance à l’Union européenne.

Je retiens avant tout que cette expérience nous a permis d’être écoutés par des institutions importantes et de constater qu’elles sont prêtes à collaborer avec la jeunesse. Les rencontres avec les autres participants ont permis de créer des liens forts et d’imaginer des projets communs, malgré des parcours très différents. C’était une expérience très riche, à la fois sur le plan humain, dans l’apprentissage et dans l’ouverture d’esprit.

« Cette expérience nous a permis d’être écoutés par des institutions importantes, et de constater qu’elles sont prêtes à collaborer avec la jeunesse.

Émilie Chabaud Bernier

Commission : Écologie

J’ai accepté de participer au Parlement des Jeunes pour montrer et prouver que la jeunesse n’est pas absente du débat public. L’avenir ne doit plus se construire uniquement par celles et ceux qui l’ont déjà vécu, mais se co-construire avec toutes les composantes de la société, jeunes compris. Comme le rappelle la citation : « Nous n’héritons pas de la terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants. »

Membre de la commission Écologie, nous avons cherché à mettre en avant les transformations systémiques nécessaires pour faire face au dérèglement climatique. Nous défendons notamment un changement de modèle, fondé sur davantage de sobriété, sur la résilience des territoires et sur l’intégration des enjeux environnementaux dans l’ensemble des politiques publiques, qu’il s’agisse de l’économie, de l’alimentation, de l’éducation ou de l’aménagement.

Je retiens de cette expérience des rencontres, des moments partagés et des engagements communs. C’était une véritable dynamique collective, riche humainement et extrêmement inspirante. Ce qui m’a le plus marqué, c’est l’énergie et la motivation des jeunes à s’impliquer concrètement dans le débat démocratique. La prochaine étape sera de légitimer nos travaux, de faire entendre nos voix et de peser davantage dans le débat public, notamment à l’aube des échéances présidentielles.

« L’avenir ne doit plus se construire uniquement par celles et ceux qui l’ont déjà vécu.

Alexandre Bazillac

Commission : Éducation

J’ai toujours aimé réfléchir à la société et essayer de proposer des mesures pour l’améliorer. Le Parlement des Jeunes m’a semblé être une occasion de comprendre plus concrètement comment on élabore collectivement des idées, à travers le débat et l’écoute, tout en tenant compte des contraintes pratiques de réalisation.

J’étais membre de la commission Éducation. Nous y avons défendu l’idée que chaque jeune doit pouvoir choisir son orientation de manière informée, en fonction de ses centres d’intérêt. Pour cela, il est essentiel d’avoir accès à une offre de formation gratuite et de qualité sur tous les territoires. Nous voulons également rétablir une égalité de reconnaissance sociale entre les lycées professionnels, technologiques et généraux. Dans le monde rêvé par les jeunes, les choix d’orientation ne devraient être conditionnés ni par la réussite académique de l’élève, ni par le prestige de la formation.

Au-delà du travail législatif, je retiens que le Parlement des Jeunes est avant tout une expérience humaine. J’ai appris comment fonctionne un travail de groupe, ce qui le rend efficace ou, au contraire, moins efficace. Je comprends mieux à présent pourquoi certaines décisions politiques peuvent sembler aberrantes : le travail réalisé est parfois moins le produit des opinions de chacun que celui du mode d’organisation du groupe. Je suis ravi que le Parlement Permanent nous permette désormais de monter nos projets, et je suis d’ores et déjà engagé dans plusieurs d’entre eux.

« Je comprends mieux pourquoi certaines décisions politiques peuvent sembler aberrantes : le travail réalisé est parfois moins le produit des opinions de chacun que celui du mode d’organisation du groupe.

Timothée Brahim

Commission : Inclusion

Militante depuis plusieurs années pour la prise en compte et la reconnaissance de la parole des jeunes dans le débat public, j’ai accepté de participer au Parlement des Jeunes car je crois fermement que c’est en donnant directement la parole aux jeunes que l’on pourra améliorer leur quotidien. Ce projet représente une belle opportunité pour faire entendre nos revendications, mais aussi pour montrer aux autres jeunes que nous sommes légitimes et que nous pouvons être écouté-e-s au même titre que n’importe qui d’autre. Le message que je souhaite porter est que nous sommes des citoyen-ne-s comme les autres et que nous devons être considéré-e-s comme tel-les, y compris au sein des institutions politiques.

J’étais membre de la commission Inclusion. Nous avons beaucoup échangé autour de sujets qui touchent directement les jeunes aujourd’hui, comme la santé mentale, les handicaps invisibles, le clivage entre ruralité et urbanité, l’égalité femmes-hommes, le harcèlement scolaire et la lutte contre toutes les formes de discrimination. La diversité de nos parcours, de nos origines sociales et de nos expériences a été une vraie richesse : elle nous a permis de faire remonter ces sujets auprès des autres parlementaires et de nos auditeur-ice-s.

Je retiens surtout de cette expérience les rencontres. Nous étions 200 jeunes, toutes et tous engagé-e-s par ailleurs, et la synergie née les 2 et 3 avril nous a montré qu’ensemble, nous pouvions nous unir pour aller plus loin sur les sujets qui nous touchent au quotidien. Avec plusieurs collègues du Parlement des Jeunes, nous travaillons aujourd’hui sur un plaidoyer et un projet pour faire appliquer nos revendications auprès des élu-e-s locaux-les, au plus près de la réalité du terrain. L’objectif est désormais de rendre ces débats et ces échanges plus concrets.

« Nous sommes des citoyen-ne-s comme les autres et nous devons être considéré-e-s comme tel-le-s, y compris au sein des institutions politiques.

Clara Morand

Commission : Information, désinformation et démocratie

J’ai participé au Parlement des Jeunes pour me sentir davantage intégré au débat démocratique et valoriser le rôle du CESE dans les revendications de la société civile. Cette expérience m’a permis de ne pas rester simple spectateur des débats publics et politiques, mais d’en devenir pleinement acteur. Le message que je souhaite transmettre aux jeunes est qu’il faut s’engager pour les causes qui nous tiennent à cœur, car nous pouvons réellement agir à notre échelle.

J’étais membre de la commission Information, Désinformation et Démocratie. Nous avons défendu plusieurs priorités : l’éducation aux médias, le pluralisme de l’information, une communication politique plus transparente, un encadrement solide de l’intelligence artificielle et une meilleure régulation des dérives. Nous avons aussi travaillé sur le rôle de l’audiovisuel public, essentiel pour proposer une information fiable, accessible et adaptée à la jeunesse.

Je retiens de cette expérience une aventure humaine très riche, portée par une énergie collective faite de bienveillance et de joie. Elle a renforcé ma compréhension des enjeux démocratiques, notamment autour de l’intelligence artificielle, et m’a conforté dans l’idée que la jeunesse est déjà prête à construire, aux côtés des autres générations, un avenir plus démocratique, durable, inclusif et serein.

« Ne pas rester simple spectateur des débats publics, mais en devenir pleinement acteur.

Nolan Roussière

Commission : Santé physique et mentale

J’ai accepté de participer au Parlement des Jeunes d’abord par curiosité, mais surtout avec l’envie d’agir concrètement et de faire entendre la voix de la jeunesse. Je voulais aussi porter celle de la ruralité, étant originaire du Lot-et-Garonne. Le principal message que je souhaite faire passer est qu’il faut oser : oser s’engager, prendre la parole et saisir les opportunités. Chaque expérience peut apporter énormément, aussi bien humainement que personnellement.

J’étais membre de deux commissions : Santé Physique et Mentale ainsi qu’Aide Sociale à l’Enfance. En santé, nous avons travaillé sur la lutte contre les déserts médicaux, les inégalités d’accès aux soins, la prévention dès le plus jeune âge et la santé des femmes. Pour l’ASE, l’objectif était de repenser l’accompagnement des jeunes, en garantissant un encadrement plus adapté, en réduisant les inégalités territoriales et en préparant mieux leur autonomie.

Cette expérience restera pour moi quelque chose d’unique et de très marquant. J’ai conscience de la chance que représente le fait d’avoir été sélectionné pour participer à cette aventure. J’en retiens surtout de magnifiques rencontres, des échanges très enrichissants avec des personnes venues d’horizons différents, mais aussi une vraie envie de continuer à m’engager davantage dans les années à venir, à mon échelle et selon les opportunités qui se présenteront.

« Il faut oser : oser s’engager, prendre la parole et saisir les opportunités.

Lucas Auray

Commission : Société et citoyenneté

J’ai accepté de participer au Parlement des Jeunes après avoir pris conscience, au cours de mes études de santé publique, de la gravité de la situation des jeunes en France. Je refusais de rester inactif face à des fractures et à des mauvaises nouvelles qui peuvent peu à peu affaiblir nos rêves et notre sentiment de légitimité à prendre notre place dans la société. Pourtant, je crois profondément que, dans cette période troublée de l’histoire du monde, nous, les plus jeunes, avons un rôle essentiel à jouer dans la réconciliation et l’apaisement. C’est le message que je souhaite porter au sein du Parlement des Jeunes : il faut saisir la main tendue de la jeunesse.

J’ai participé aux travaux de la commission Société et Citoyenneté, un sujet très vaste qui a rapidement fait émerger deux grandes urgences : la démocratie et l’éducation. D’un côté, il s’agit de relever un défi qu’aucune institution n’avait encore pleinement su tenir, en faisant du CESE, nouvelle chambre de la démocratie, un véritable moteur de décision. De l’autre, il faut investir dans notre éducation et dans un avenir réconcilié, en donnant aux citoyens de demain les moyens de se comprendre et de s’unir autour de valeurs communes, notamment grâce à un enseignement moral et civique réformé et à une école plus ouverte.

Je retiens de cette expérience un grand mélange de nostalgie et de fierté, notamment lors de nos derniers moments dans l’hémicycle. J’ai eu l’impression de faire partie d’une nouvelle génération qui, malgré tout, avait décidé de rester unie, sans céder aux divisions que peuvent entretenir nos aînés. En discutant ensuite avec des amis, j’ai réalisé la chance que j’avais eue de toucher du doigt cette joie d’appartenir à cette jeunesse. En sortant du CESE, nous savions toutes et tous que l’une de nos missions les plus importantes de parlementaires serait de faire vivre partout ce que nous avions vécu ici.

« Dans cette période troublée de l’histoire du monde, nous, les plus jeunes, avons un rôle essentiel à jouer dans la réconciliation et l’apaisement.

Martin Couffignal

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Là où participer peut coûter cher, les jeunes n’ont pas renoncé https://missionspubliques.org/la-ou-participer-peut-couter-cher-les-jeunes-nont-pas-renonce/ Mon, 25 May 2026 09:55:31 +0000 https://missionspubliques.org/?p=12521 L’article Là où participer peut coûter cher, les jeunes n’ont pas renoncé est apparu en premier sur Missions Publiques.

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« Les jeunes ont montré qu’un débat exigeant et raisonné était possible » https://missionspubliques.org/les-jeunes-ont-montre-quun-debat-exigeant-et-raisonne-etait-possible/ Mon, 25 May 2026 09:28:50 +0000 https://missionspubliques.org/?p=12508 L’article « Les jeunes ont montré qu’un débat exigeant et raisonné était possible » est apparu en premier sur Missions Publiques.

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Les jeunes et la démocratie : désengagés des urnes, engagés ailleurs ? https://missionspubliques.org/les-jeunes-et-la-democratie-desengages-des-urnes-engages-ailleurs/ Mon, 16 Feb 2026 10:03:22 +0000 https://missionspubliques.org/?p=12291 L’article Les jeunes et la démocratie : désengagés des urnes, engagés ailleurs ? est apparu en premier sur Missions Publiques.

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Parlement des Jeunes : « Donner du pouvoir d’agir à une génération qu’on écoute trop peu » https://missionspubliques.org/parlement-des-jeunes-donner-du-pouvoir-dagir-a-une-generation-quon-ecoute-trop-peu/ Wed, 21 Jan 2026 09:59:13 +0000 https://missionspubliques.org/?p=12243 L’article Parlement des Jeunes : « Donner du pouvoir d’agir à une génération qu’on écoute trop peu » est apparu en premier sur Missions Publiques.

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« Les jeunes imaginent au-delà des limites » https://missionspubliques.org/les-jeunes-imaginent-au-dela-des-limites/ Wed, 10 Dec 2025 15:33:10 +0000 https://missionspubliques.org/?p=12142 L’article « Les jeunes imaginent au-delà des limites » est apparu en premier sur Missions Publiques.

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Donner aux jeunes le pouvoir d’imaginer la démocratie européenne de 2040 https://missionspubliques.org/donner-aux-jeunes-le-pouvoir-dimaginer-la-democratie-europeenne-de-2040/ Wed, 17 Sep 2025 08:13:38 +0000 https://missionspubliques.org/?p=11781 L’article Donner aux jeunes le pouvoir d’imaginer la démocratie européenne de 2040 est apparu en premier sur Missions Publiques.

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Nigéria : la puissance de l’art au service de la participation des jeunes https://missionspubliques.org/nigeria-la-puissance-de-lart-au-service-de-la-participation-des-jeunes/ Wed, 24 Jan 2024 11:36:12 +0000 https://missionspubliques.org/?p=9769 L’article Nigéria : la puissance de l’art au service de la participation des jeunes est apparu en premier sur Missions Publiques.

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Rencontre avec Jasper Maposa, militant zimbabwéen https://missionspubliques.org/rencontre-avec-jasper-maposa-militant-zimbabween/ Thu, 16 Nov 2023 09:57:45 +0000 https://missionspubliques.org/rencontre-avec-jasper-maposa-les-jeunes-sengagent-en-politique-de-maniere-de-plus-en-plus-responsable/ L’article Rencontre avec Jasper Maposa, militant zimbabwéen est apparu en premier sur Missions Publiques.

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Conférence sur l’avenir de l’Europe : les jeunes veulent des actes https://missionspubliques.org/conference-sur-lavenir-de-leurope-les-jeunes-veulent-des-actes/ Mon, 14 Nov 2022 10:17:02 +0000 https://missionspubliques.org/?p=8294 L’article Conférence sur l’avenir de l’Europe : les jeunes veulent des actes est apparu en premier sur Missions Publiques.

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Caterina, Nicolas, Kacper et Mateus… quatre jeunes qui ont en commun d’avoir toutes et tous vécus la Conférence sur l’avenir de l’Europe (CoFoE). Nous les avons rencontrés à Bruxelles à l’occasion du Festival de la participation et de la démocratie délibérative organisé par la Commission européenne. La Conférence a marqué un tournant dans leur vie de citoyen. Ils attendent désormais que les institutions soient à la hauteur des espoirs que cette démarche unique a suscités.

« Une bouffée d’air frais »

Caterina vit dans une petite ville du littoral croate. A 25 ans, elle a suivi des études de business puis de relations internationales en Autriche et en Italie. D’une maman croate et d’un père italien, Caterina est une européenne convaincue, et pas seulement par sa double culture. La jeune fille a été bénévole dans une association de solidarité européenne et travaille aujourd’hui pour l’association Youth in the EU qui promeut l’Europe auprès des jeunes, dans les écoles et au travers de différentes manifestations. « Les jeunes ne connaissent pas les possibilités qu’offrent l’Europe. L’information est la clé de mon travail et un outil puissant d’empowerment. Grâce à cela, je leur ouvre des perspectives auxquelles ils ne s’attendaient pas ». Quel est le regard des jeunes croates vis-à-vis de l’Europe ? « Cela va du scepticisme à la méconnaissance mais le sentiment dominant est plutôt qu’ils se sentent isolés de la sphère européenne. Ils ne perçoivent l’Europe qu’au travers des investissements dans les infrastructures : la construction d’un pont, la rénovation d’une forteresse etc. ».

Caterina a accepté sans hésiter de porter les recommandations de son pays lors des plénières de la Conférence sur l’avenir de l’Europe(1). Un rôle singulier de citoyenne « représentante nationale » désignée par le ministère des Affaires étrangères de son pays. C’est d’ailleurs son seul regret : la « division » qu’elle a ressentie entre les citoyens membres du Panel et les 27 représentants nationaux « nous n’étions pas dans la même dynamique dès le départ, et les moments de rencontres ont été organisés un peu tard (…) nous participions aux plénières(2) sans réellement savoir ce qui avait été discuté au préalable ». Pendant un an, elle a organisé et participé à des dialogues locaux en Croatie avec les jeunes, pour beaucoup sur le thème de l’environnement et du climat.  Inviter les citoyens dans les institutions était un acte « courageux », selon elle, et engager une démarche citoyenne de cette ampleur une première. Elle a également été impressionnée par la qualité des propositions concrètes des citoyens, en prise directe avec leur quotidien. « Ces temps d’échanges et de mise en commun entre ceux qui pensent la politique et ceux qui en sont les sujets est indispensable. De ce point de vue, c’était une véritable bouffée d’air frais ». D’un point de vue plus personnel, elle se réjouit que dans les recommandations finales, la particularité des régions insulaires ait été reconnue. Dans un pays composé de 1 400 îles, elle tenait à intégrer cette dimension. Même au fait du fonctionnement des institutions européennes, Caterina a réalisé avec la CoFoE la « complexité des prises de décision », un temps long pas forcément compatible avec la fougue de la jeunesse et les urgences écologiques.

« J’ai appris que notre génération, très préoccupée par le changement climatique, était appelée des ‘gloomers’(3). Moi, je suis une incurable optimiste. J’espère donc que l’Europe deviendra plus agile, et moins bureaucratique, plus dans l’anticipation et moins dans la réaction ».

« Ces temps d’échanges et de mise en commun entre ceux qui pensent la politique et ceux qui en sont les sujets est indispensable. De ce point de vue, c’était une véritable bouffée d’air frais.

Caterina

25 ans

Les gouvernements de chaque pays doivent être plus impliqués

Nicolas était un des plus jeunes participants à la Conférence sur l’avenir de l’Europe. 16 ans. Un an plus tard, Nicolas vit toujours en République Tchèque et poursuit ses études au lycée. Pour l’instant, ce qu’il aime, comme beaucoup de jeunes de son âge, c’est sortir avec ses amis et voyager.

C’est sur le chemin du retour de l’école qu’il reçoit l’appel le conviant à participer à la Conférence. Méfiant, il n’a pas cru ce que la personne au bout du fil lui proposait et la première réaction de sa mère ne fut pas bien plus enthousiaste : « ne lui donne pas ma carte de crédit ! ». La démarche est devenue réalité quand Nicolas reçoit l’e-mail de l’Union européenne : « c’était énorme, j’ai pleuré, j’avais une grande expérience à vivre ! Être tiré au sort représentait pour moi la chance de rencontrer des personnes de tous les pays et des politiques de haut-niveau ». Que savait-il de l’Europe à ce moment-là ? Pas grand-chose : « je savais simplement que la République Tchèque faisait partie de l’Union européenne. Je ne m’y intéressais pas du tout ». La Conférence a élargi ses perspectives « j’ai tellement appris, sur les institutions, les projets et les possibilités offertes aux jeunes après 18 ans ». La sur- représentativité des jeunes était un enjeu dès le départ des trois institutions à la manœuvre (Commission européenne, Parlement européen et Conseil) et sur les 800 citoyens tirés au sort, un tiers avait entre 16 et 25 ans. Ce parti-pris s’est-il révélé concluant ? Et la voix des jeunes – s’il en existe une unique – a-t-elle été entendue ? Nicolas répond par l’affirmative même s’il aurait préféré davantage de mineurs. Il estime qu’il n’y a pas eu de fossé entre la jeune génération et les citoyens plus âgés lors des débats, et qu’ils se sont mutuellement écoutés. Son groupe de travail l’a d’ailleurs désigné pour être leur porte-parole lors des plénières(4), il en est fier.

Si Nicolas avait un sujet qui lui tenait à cœur : la santé dentaire. « En République tchèque, trop de dentistes exercent en libéral. Y accéder est beaucoup trop cher (…) En me documentant, et en discutant dans mon groupe de travail, je me suis aperçu qu’il s’agissait d’un problème existant à l’échelle de l’Europe ». Il est, en revanche, plus dubitatif sur la question climatique. « Si tout le monde était d’accord sur l’importance du sujet, j’ai l’impression qu’il n’a pas réellement été pris au sérieux notamment dans les plénières par les décideurs ». Aujourd’hui, Nicolas se dit triste de la fin de l’aventure et espère qu’une suite concrète sera donnée aux recommandations du côté des institutions européenne car la République Tchèque, qui préside le conseil de l’Union Européenne depuis juillet, s’est montrée plutôt réticente à une modification des traités (une des recommandations portées par les Panels citoyens). Il souhaiterait aussi que les écoles de son pays prennent leur part dans la connaissance de l’Europe.

Un an de débats, de rencontres au cœur d’un processus inédit a changé le jeune homme : des amitiés aux quatre coins de l’Europe et une envie de s’engager… en politique.

« J’ai tellement appris, sur les institutions, les projets et les possibilités offertes aux jeunes après 18 ans.

Nicolas

16 ans

« Il n’y pas eu assez de diversité d’opinions sur l’Europe »

Matous, 20 ans, vient également de République Tchèque, de la ville de Litoměřice. Il est à l’université et suit deux cursus différents : droits et éducation, et entraîne un club d’aviron. Sa mère est médecin et son père, aujourd’hui décédé, était militaire. Il ne se voit pas faire qu’un seul métier plus tard et enseigner, devenir juge ou diplomate sont des pistes qu’il envisage sans exclusivité. Et pourquoi pas, comme Nicolas, s’engager dans un parti politique.

Pour lui, « beaucoup de gens confondent l’Europe et l’Union européenne ». La Conférence sur l’avenir de l’Europe lui a appris la nuance et « ce que l’UE faisait pour nous ». Ni changé ni convaincu, Matous a un regard quelque peu différent des autres jeunes « je me considère comme un conservateur. « La Conférence a été géniale d’un point de vue personnel, c’est-à-dire pour mon expérience, pour tester mes compétences (…) mais à la fin, selon moi, ce sont aux politiques de décider, ce sont eux que nous élisons et que nous choisissons parce qu’ils ont le même point de vue que nous ». Alors bien sûr, les politiques ne mettent pas toujours en œuvre les mesures pour lesquelles ils ont été élus mais Matous pense que ce n’est pas en multipliant les conférences citoyennes que la politique changera, c’est « en fabriquant de meilleurs politiques ».

« Je n’étais pas très à l’aise avec les recommandations finales, j’ai eu des doutes sur beaucoup d’entre elles car les citoyens ont choisi le consensus, et n’ont pas osé en plénière assumer leur opinion divergente ». Matous, qui était dans le groupe de travail sur la démocratie, regrette donc que la volonté de consensus ait gommé les aspérités des échanges, et que le « oui » d’une relative majorité l’ait toujours emporté.

« Les personnes des Panels n’étaient pas représentatives de la diversité des opinions sur l’Europe. Ceux qui ont accepté de venir étaient des personnes plutôt europhiles. Mais que met-on réellement derrière le mot unité ? Quand j’ai posé la question de l’euro, des prix et des taxes… je n’ai pas eu de réponse. Pour l’instant, en République Tchèque, nous ne voulons pas l’euro car nous y perdrons notamment sur les salaires ».

S’il n’est pas totalement convaincu de l’efficacité d’une démarche à cette échelle, il aimerait toutefois tester des formats en République tchèque à un niveau plus local, initié par le gouvernement du pays, comme en France. Comme Kacper, Polonais d’une vingtaine d’années, qui redoutait de venir « car la Pologne est le mouton noir l’UE » et qui regrette « le manque de couverture médiatique dans les États membres ».

Quitter l’Union européenne ? Pas question même si dans leur pays de nombreuses voix s’élèvent pour.

« Je n’étais pas très à l’aise avec les recommandations finales, j’ai eu des doutes sur beaucoup d’entre elles car les citoyens ont choisi le consensus, et n’ont pas osé en plénière assumer leur opinion divergente.

Matous

20 ans

La CoFoE en chiffres
  • Au total, 6 465 événements ont été organisés dans les 27 Etats membres, auxquels ont participé 652 532 personnes. Une plateforme mise en ligne dans toutes les langues officielles a enregistré cinq millions de visiteurs, et 52 346 participants actifs y ont partagé 17 671 idées et laissé 21 877 commentaires.
  • Des panels de citoyens nationaux se sont tenus dans six pays : la Belgique, la France, l’Allemagne, l’Italie, la Lituanie et les Pays-Bas.
  • Les recommandations des Panels citoyens européens ont été évaluées et synthétisées par l’assemblée plénière de la Conférence, composée à égalité de représentants des trois institutions et de représentants des parlements nationaux, ainsi que de citoyens et de représentants des partenaires sociaux et de la société civile.
  • Le rapport finala été rédigé par un conseil exécutif de neuf représentants, issus du Parlement, de la Commission et du Conseil, en collaboration avec la plénière de la Conférence. Au total, les conclusions de la Conférence rassemblent plus de 320 mesures réparties en 49 propositions sur neuf grands sujets.

(1) La Conférence sur l’avenir de l’Europe, c’est : une consultation en ligne sur une plateforme multilingue, des citoyens tirés au sort (4 Panels de 200 citoyens chacun sur des thématiques différentes), des représentants nationaux des 27 pays de l’UE et des manifestations nationales organisées dans chaque pays. Pour en savoir plus : lire notre fiche projet.
(2) Les plénières étaient les temps de discussion entre les politiques des institutions, les citoyens « ambassadeurs » des Panels et les 27 citoyens représentants nationaux.
(3) Un « gloomer » est quelqu’un de morose. L’expression désigne un-e jeune d’une vingtaine d’années qui n’a pas d’objectif ou d’ambition dans la vie, mais qui continue de vivre.
(4) Les plénières étaient composées à égalité de représentants des trois institutions et de représentants des parlements nationaux, ainsi que de citoyens et de représentants des partenaires sociaux et de la société civile.

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