Lancé en 2021 par La Fabrique d’Avenir, le Parlement des Jeunes réunit chaque année des jeunes de toute la France pour travailler collectivement sur les grands enjeux de société. Sa troisième édition s’est clôturée en avril 2026 au CESE, avec 200 parlementaires répartis en huit commissions. Défense, écologie, désinformation, protection de l’enfance : en quelques semaines, ces jeunes ont produit des propositions sur les sujets qui définissent leur monde. Mais ce que racontent ces huit témoignages, c’est autre chose : une génération qui ne veut plus attendre qu’on lui fasse de la place et qui a décidé de la prendre.
J’ai accepté de participer au Parlement des Jeunes car cette expérience m’a tout de suite semblé particulière et très enrichissante. C’était pour moi l’occasion de partager mes combats, de faire entendre ce que je voudrais voir changer, et de porter des idées importantes pour les jeunes.
La commission qui m’a le plus touchée et que j’ai le plus défendue est celle de la protection de l’enfance. Nous y avons notamment défendu un taux d’encadrement digne pour les enfants, le respect des lois existantes, ainsi que la sécurisation des parcours. Ce sont des enjeux essentiels, même si beaucoup d’autres points ont également été portés dans le livrable.
Je retiens de cette expérience qu’elle a été particulièrement enrichissante, à la fois humainement et collectivement. J’y ai découvert de nouvelles personnes, de nouveaux points de vue, mais surtout la force des idées portées par les jeunes. Nous sommes capables de défendre nos convictions et de les pousser pour faire évoluer les choses. Il reste encore beaucoup à faire pour gagner nos combats, mais je retiens qu’il existe aujourd’hui des jeunes prêts à défendre leurs idées et à s’engager pour les faire avancer.
« Nous sommes capables de défendre nos convictions et de les pousser pour faire évoluer les choses.
Clarice Chartrain
J’ai accepté de participer au Parlement des Jeunes pour rencontrer des personnalités influentes du monde économique et politique, mais aussi pour comprendre les leçons qu’elles auraient aimé recevoir à notre âge. Cette expérience m’a permis d’ouvrir mes horizons, de faire de nombreuses rencontres enrichissantes et d’échanger avec des jeunes qui partagent la conviction que la politique occupe une place centrale dans notre quotidien. Pour moi, il est essentiel de comprendre les enjeux de notre société afin de pouvoir agir concrètement.
J’étais membre de la commission Souveraineté et Défense, au sein de laquelle nous avons défendu l’idée d’un engagement renforcé de la jeunesse dans les forces armées, notamment à travers une alternative au service militaire obligatoire. L’objectif serait d’offrir un cadre et des perspectives à des jeunes qui n’ont pas encore trouvé leur place dans la société, ou pour qui le système scolaire traditionnel ne correspond pas. Nous avons également travaillé sur les questions de souveraineté économique et militaire de la France, ainsi que sur les débats liés à l’appartenance à l’Union européenne.
Je retiens avant tout que cette expérience nous a permis d’être écoutés par des institutions importantes et de constater qu’elles sont prêtes à collaborer avec la jeunesse. Les rencontres avec les autres participants ont permis de créer des liens forts et d’imaginer des projets communs, malgré des parcours très différents. C’était une expérience très riche, à la fois sur le plan humain, dans l’apprentissage et dans l’ouverture d’esprit.
« Cette expérience nous a permis d’être écoutés par des institutions importantes, et de constater qu’elles sont prêtes à collaborer avec la jeunesse.
Émilie Chabaud Bernier
J’ai accepté de participer au Parlement des Jeunes pour montrer et prouver que la jeunesse n’est pas absente du débat public. L’avenir ne doit plus se construire uniquement par celles et ceux qui l’ont déjà vécu, mais se co-construire avec toutes les composantes de la société, jeunes compris. Comme le rappelle la citation : « Nous n’héritons pas de la terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants. »
Membre de la commission Écologie, nous avons cherché à mettre en avant les transformations systémiques nécessaires pour faire face au dérèglement climatique. Nous défendons notamment un changement de modèle, fondé sur davantage de sobriété, sur la résilience des territoires et sur l’intégration des enjeux environnementaux dans l’ensemble des politiques publiques, qu’il s’agisse de l’économie, de l’alimentation, de l’éducation ou de l’aménagement.
Je retiens de cette expérience des rencontres, des moments partagés et des engagements communs. C’était une véritable dynamique collective, riche humainement et extrêmement inspirante. Ce qui m’a le plus marqué, c’est l’énergie et la motivation des jeunes à s’impliquer concrètement dans le débat démocratique. La prochaine étape sera de légitimer nos travaux, de faire entendre nos voix et de peser davantage dans le débat public, notamment à l’aube des échéances présidentielles.
« L’avenir ne doit plus se construire uniquement par celles et ceux qui l’ont déjà vécu.
Alexandre Bazillac
J’ai toujours aimé réfléchir à la société et essayer de proposer des mesures pour l’améliorer. Le Parlement des Jeunes m’a semblé être une occasion de comprendre plus concrètement comment on élabore collectivement des idées, à travers le débat et l’écoute, tout en tenant compte des contraintes pratiques de réalisation.
J’étais membre de la commission Éducation. Nous y avons défendu l’idée que chaque jeune doit pouvoir choisir son orientation de manière informée, en fonction de ses centres d’intérêt. Pour cela, il est essentiel d’avoir accès à une offre de formation gratuite et de qualité sur tous les territoires. Nous voulons également rétablir une égalité de reconnaissance sociale entre les lycées professionnels, technologiques et généraux. Dans le monde rêvé par les jeunes, les choix d’orientation ne devraient être conditionnés ni par la réussite académique de l’élève, ni par le prestige de la formation.
Au-delà du travail législatif, je retiens que le Parlement des Jeunes est avant tout une expérience humaine. J’ai appris comment fonctionne un travail de groupe, ce qui le rend efficace ou, au contraire, moins efficace. Je comprends mieux à présent pourquoi certaines décisions politiques peuvent sembler aberrantes : le travail réalisé est parfois moins le produit des opinions de chacun que celui du mode d’organisation du groupe. Je suis ravi que le Parlement Permanent nous permette désormais de monter nos projets, et je suis d’ores et déjà engagé dans plusieurs d’entre eux.
« Je comprends mieux pourquoi certaines décisions politiques peuvent sembler aberrantes : le travail réalisé est parfois moins le produit des opinions de chacun que celui du mode d’organisation du groupe.
Timothée Brahim
Militante depuis plusieurs années pour la prise en compte et la reconnaissance de la parole des jeunes dans le débat public, j’ai accepté de participer au Parlement des Jeunes car je crois fermement que c’est en donnant directement la parole aux jeunes que l’on pourra améliorer leur quotidien. Ce projet représente une belle opportunité pour faire entendre nos revendications, mais aussi pour montrer aux autres jeunes que nous sommes légitimes et que nous pouvons être écouté-e-s au même titre que n’importe qui d’autre. Le message que je souhaite porter est que nous sommes des citoyen-ne-s comme les autres et que nous devons être considéré-e-s comme tel-les, y compris au sein des institutions politiques.
J’étais membre de la commission Inclusion. Nous avons beaucoup échangé autour de sujets qui touchent directement les jeunes aujourd’hui, comme la santé mentale, les handicaps invisibles, le clivage entre ruralité et urbanité, l’égalité femmes-hommes, le harcèlement scolaire et la lutte contre toutes les formes de discrimination. La diversité de nos parcours, de nos origines sociales et de nos expériences a été une vraie richesse : elle nous a permis de faire remonter ces sujets auprès des autres parlementaires et de nos auditeur-ice-s.
Je retiens surtout de cette expérience les rencontres. Nous étions 200 jeunes, toutes et tous engagé-e-s par ailleurs, et la synergie née les 2 et 3 avril nous a montré qu’ensemble, nous pouvions nous unir pour aller plus loin sur les sujets qui nous touchent au quotidien. Avec plusieurs collègues du Parlement des Jeunes, nous travaillons aujourd’hui sur un plaidoyer et un projet pour faire appliquer nos revendications auprès des élu-e-s locaux-les, au plus près de la réalité du terrain. L’objectif est désormais de rendre ces débats et ces échanges plus concrets.
« Nous sommes des citoyen-ne-s comme les autres et nous devons être considéré-e-s comme tel-le-s, y compris au sein des institutions politiques.
Clara Morand
J’ai participé au Parlement des Jeunes pour me sentir davantage intégré au débat démocratique et valoriser le rôle du CESE dans les revendications de la société civile. Cette expérience m’a permis de ne pas rester simple spectateur des débats publics et politiques, mais d’en devenir pleinement acteur. Le message que je souhaite transmettre aux jeunes est qu’il faut s’engager pour les causes qui nous tiennent à cœur, car nous pouvons réellement agir à notre échelle.
J’étais membre de la commission Information, Désinformation et Démocratie. Nous avons défendu plusieurs priorités : l’éducation aux médias, le pluralisme de l’information, une communication politique plus transparente, un encadrement solide de l’intelligence artificielle et une meilleure régulation des dérives. Nous avons aussi travaillé sur le rôle de l’audiovisuel public, essentiel pour proposer une information fiable, accessible et adaptée à la jeunesse.
Je retiens de cette expérience une aventure humaine très riche, portée par une énergie collective faite de bienveillance et de joie. Elle a renforcé ma compréhension des enjeux démocratiques, notamment autour de l’intelligence artificielle, et m’a conforté dans l’idée que la jeunesse est déjà prête à construire, aux côtés des autres générations, un avenir plus démocratique, durable, inclusif et serein.
« Ne pas rester simple spectateur des débats publics, mais en devenir pleinement acteur.
Nolan Roussière
J’ai accepté de participer au Parlement des Jeunes d’abord par curiosité, mais surtout avec l’envie d’agir concrètement et de faire entendre la voix de la jeunesse. Je voulais aussi porter celle de la ruralité, étant originaire du Lot-et-Garonne. Le principal message que je souhaite faire passer est qu’il faut oser : oser s’engager, prendre la parole et saisir les opportunités. Chaque expérience peut apporter énormément, aussi bien humainement que personnellement.
J’étais membre de deux commissions : Santé Physique et Mentale ainsi qu’Aide Sociale à l’Enfance. En santé, nous avons travaillé sur la lutte contre les déserts médicaux, les inégalités d’accès aux soins, la prévention dès le plus jeune âge et la santé des femmes. Pour l’ASE, l’objectif était de repenser l’accompagnement des jeunes, en garantissant un encadrement plus adapté, en réduisant les inégalités territoriales et en préparant mieux leur autonomie.
Cette expérience restera pour moi quelque chose d’unique et de très marquant. J’ai conscience de la chance que représente le fait d’avoir été sélectionné pour participer à cette aventure. J’en retiens surtout de magnifiques rencontres, des échanges très enrichissants avec des personnes venues d’horizons différents, mais aussi une vraie envie de continuer à m’engager davantage dans les années à venir, à mon échelle et selon les opportunités qui se présenteront.
« Il faut oser : oser s’engager, prendre la parole et saisir les opportunités.
Lucas Auray
J’ai accepté de participer au Parlement des Jeunes après avoir pris conscience, au cours de mes études de santé publique, de la gravité de la situation des jeunes en France. Je refusais de rester inactif face à des fractures et à des mauvaises nouvelles qui peuvent peu à peu affaiblir nos rêves et notre sentiment de légitimité à prendre notre place dans la société. Pourtant, je crois profondément que, dans cette période troublée de l’histoire du monde, nous, les plus jeunes, avons un rôle essentiel à jouer dans la réconciliation et l’apaisement. C’est le message que je souhaite porter au sein du Parlement des Jeunes : il faut saisir la main tendue de la jeunesse.
J’ai participé aux travaux de la commission Société et Citoyenneté, un sujet très vaste qui a rapidement fait émerger deux grandes urgences : la démocratie et l’éducation. D’un côté, il s’agit de relever un défi qu’aucune institution n’avait encore pleinement su tenir, en faisant du CESE, nouvelle chambre de la démocratie, un véritable moteur de décision. De l’autre, il faut investir dans notre éducation et dans un avenir réconcilié, en donnant aux citoyens de demain les moyens de se comprendre et de s’unir autour de valeurs communes, notamment grâce à un enseignement moral et civique réformé et à une école plus ouverte.
Je retiens de cette expérience un grand mélange de nostalgie et de fierté, notamment lors de nos derniers moments dans l’hémicycle. J’ai eu l’impression de faire partie d’une nouvelle génération qui, malgré tout, avait décidé de rester unie, sans céder aux divisions que peuvent entretenir nos aînés. En discutant ensuite avec des amis, j’ai réalisé la chance que j’avais eue de toucher du doigt cette joie d’appartenir à cette jeunesse. En sortant du CESE, nous savions toutes et tous que l’une de nos missions les plus importantes de parlementaires serait de faire vivre partout ce que nous avions vécu ici.
« Dans cette période troublée de l’histoire du monde, nous, les plus jeunes, avons un rôle essentiel à jouer dans la réconciliation et l’apaisement.
Martin Couffignal






