Alimentation : l’avis citoyen remis au Gouvernement bruxellois

Les participant-e-s du cycle 2 de l’Assemblée citoyenne pour le climat ont remis officiellement leur avis au Gouvernement bruxellois mardi 6 février. Les membres du Gouvernement bruxellois ont réagi à chaud au rapport citoyen sur l’alimentation qui met en avant trois priorités d’action : réduire la viande, lutter contre le gaspillage et soutenir une alimentation durable et locale…

Les citoyen-ne-s ont présenté l’essentiel de leurs recommandations à Alain Maron, ministre chargé de la Transition climatique, de l’Environnement, de l’Energie, de la Propreté publique et de la Démocratie participative et Barbara Trachte, secrétaire d’Etat chargée de la Transition économique et de la Recherche scientifique.

Pour répondre à la question qui leur était posée « Comment faire pour permettre à tous les Bruxelloises et Bruxellois de passer à une alimentation plus durable et qualitative à l’horizon 2050 ? », l’avis dégage trois priorités d’action : réduire la viande, lutter contre le gaspillage et soutenir une alimentation durable et locale.  Au total, ce rapport compile 56 recommandations. Si elles s’adressent en premier lieu aux politiques de la Région, elles intègrent également les acteurs privés de l’alimentation car les citoyennes et citoyens ont appréhendé toute la chaîne et la nécessité de travailler collectivement pour changer de paradigme.  L’avis citoyen est donc réparti en « chapitres », chacun étant adressé à un niveau de pouvoir ou un acteur spécifique. Voici quelques extraits.

 

Pour la Région : pousser encore plus loin la stratégie Good Food

Depuis 2016, la Région bruxelloise a mis en place la stratégie Good Food, avec comme objectifs, notamment, de cibler l’installation de commerces vertueux et de mettre en place une offre durable pour stimuler la demande. Pour aller plus loin, les citoyennes et citoyens ont proposé la création d’un éco-score à discuter avec les autres Régions et les actrices et acteurs de la grande distribution.

  • Subventionner les initiatives durables

Inflation, bio trop cher, agriculteur-trice-s en difficulté, l’équilibre entre le juste prix de rémunération et celui d’achat n’est pas simple. En dépit de cette équation complexe, le fil rouge de l’avis citoyen est d’encourager les habitudes alimentaires plus saine et de tenter de les rendre plus accessibles qu’elles ne le sont aujourd’hui. Aussi, l’Assemblée propose entre autres de diminuer la TVA sur les produits durables, et de redistribuer les gains des taxes sur les produits malsains pour subventionner les initiatives durables.

  • Transformer le secteur public de l’alimentation

L’offre de la restauration collective n’est pas à la hauteur des enjeux de durabilité alimentaire. Or, une grande partie de la population prend presque un repas sur deux en dehors de chez elle. Il est donc nécessaire d’agir sur l’offre proposée dans la restauration collective (cantines d’écoles, d’administrations publiques, etc.). La Région et ses services publics ont un devoir d’exemplarité et doivent inspirer des pratiques responsables et impulser ce changement. Que ce soit dans les lieux de restauration collective, en accompagnant les métiers à la transition et mieux gérer les invendus sur le territoire bruxellois. L’Assemblée propose donc l’imposition d’une réduction de 50% des protéines animales dans les lieux de restauration collective et d’une proposition d’un menu végétarien dans les cantines collectives et publiques. Pour lutter contre le gaspillage, elle souhaite également que la Région interpelle le niveau fédéral et européen pour supprimer les dates de péremption sur les produits non périssables (pâtes, riz, sel, vinaigre, légumineuses etc.).

 

Pour la grande distribution : créer une demande vertueuse

80% des Bruxelloises et des Bruxellois font leurs courses en grandes surfaces. Il est donc primordial d’embarquer le secteur de la grande distribution dans le mouvement même si le secteur n’a pris aucun engagement vis-à-vis de l’Assemblée.

  • Soutenir (et amplifier) la stratégie régionale

L’Assemblée propose d’agencer différemment les rayons des supermarchés pour mettre en évidence la production locale, les produits durables et les alternatives à la viande. Il s’agirait également de diminuer la place prises par la viande et la malbouffe dans les rayons. De la même façon, si la Région doit agir au niveau fédéral et européen pour supprimer les dates de péremption, la grande distribution a un rôle à jouer à son niveau. L’Assemblée recommande ainsi qu’elle puisse transformer les produits proches de la date de péremption et qu’elle regroupe et visibilise les rayons avec les produits atteignant bientôt la date de péremption et les produits « abîmés », avec des réductions.

  • Un effort collectif avec le secteur de la restauration et les entreprises

Pour le secteur de la restauration et les entreprises, l’Assemblée a également formulé une série de propositions plus modestes, consciente qu’elle dépassait son mandat. L’objectif est aussi de montrer que l’effort doit être porté collectivement pour que les ambitions se réalisent. A quoi sert de proposer une série de mesures pour lutter contre le gaspillage si la restauration ne prend pas sa part ? Et pourquoi les grandes entreprises n’intègreraient-elles pas une dimension anti-gaspi/alimentation durable dans leur RSE ?

« Vous avez raison de mettre les pouvoirs publics face à leurs responsabilités » a réagit Alain Maron. Si un premier retour détaillé sur les recommandations de l’avis aura lieu en avril, le ministre a d’ores et déjà affirmé que ces dernières allient « nourrir la réflexion des administrations, des cabinets, des femmes et hommes politiques donc des partis » et la révision de la stratégie Good Food prévue en 2025.

Les administrations concernées et le Gouvernement ont donc jusqu’au 22 avril pour plancher sur les premières réponses à apporter aux recommandations citoyennes, que ces dernières soient retenues ou non. En attendant, le ministre Maron a souligné « le changement culturel » opéré dans l’avis notamment sur la viande. « Il y a quelques années, ce discours était impossible »… Alors prêt-e-s pour le changement ?


Pour découvrir toutes les propositions : lire l’avis citoyen

Pour aller plus loin : le site de l’Assemblée et notre fiche projet

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