Le 10 octobre, l’Assemblée citoyenne pour le climat de la région Bruxelles-Capitale(1) a ouvert son quatrième cycle. Pendant quatre sessions, près de 70 Bruxelloises et Bruxellois tirés au sort vont travailler sur une question : comment garantir l’exemplarité de la Région dans sa transformation numérique ? Leurs recommandations seront remises au gouvernement bruxellois début 2027.
Une assemblée à l’image de la ville
Chaque année, 10 000 habitantes et habitants de Bruxelles reçoivent une invitation à participer. Parmi les personnes volontaires, un second tirage au sort tient compte de plusieurs critères (âge, genre, lieu de résidence, proximité avec le sujet etc.). Objectif : réunir un groupe qui reflète la diversité de la Région.
Pour beaucoup, c’est une première. Huit personnes sur dix n’ont jamais participé à une réunion publique ou à une démarche de participation. Nada(2), infirmière urgentiste ne savait même pas qu’une telle démarche existait. Avant la première journée, elle doutait de sa place : « Est-ce que mon avis intéresse les autres ? » Les échanges l’ont rassurée : « Je suis sortie convaincue qu’on peut faire quelque chose ensemble. ». Une réponse à l’image de la confiance que les citoyennes et citoyens ont dans la démarche puisqu’ils sont dans leur grande majorité convaincues qu’ils pourront produire ensemble des propositions solides. Cesar(3), étudiant de 19 ans, apprécie justement la diversité du groupe : « C’est bien d’avoir plein d’avis mélangés, de différentes sphères sociales, qui puissent discuter ensemble d’un sujet commun. »
Ans Persoons, secrétaire d’État bruxelloise chargée notamment de l’Environnement et du Climat, a accueilli les participantes et participants lors de la première session. Elle a rappelé l’engagement du gouvernement : répondre à chaque recommandation, en expliquant celles qu’il retient, celles qui demanderont plus de temps et celles qu’il ne mettra pas en œuvre. « Rien n’est plus frustrant qu’un processus participatif qui ne sert à rien », a-t-elle souligné.
Cette attente, Cesar la partage. Il doute de la capacité d’une Région à agir sur un problème climatique mondial : « Je suis venu quand même, j’ai hâte de me tromper. » Pour lui, l’Assemblée sera réussie « si au moins une de nos conclusions est prise en compte » par le gouvernement.
Le numérique, un sujet climatique et social
Il est vrai que le lien entre climat et numérique ne va pas de soi. « On a beaucoup d’informations sur l’alimentation, les déchets mais peu sur les conséquences du numérique », remarque Nada.
Un document dans le « cloud » est stocké sur des serveurs. Ordinateurs, réseaux et centres de données demandent des matières premières et de l’énergie pour être fabriqués, et de l’électricité pour fonctionner et une partie de ces impacts se joue loin de Bruxelles, là où les métaux sont extraits.
Pourtant, le sujet concerne directement la Région. Ses administrations s’équipent et développent des services en ligne. Ces choix engagent l’environnement, les dépenses publiques et la qualité du service rendu à la population. L’usage de l’intelligence artificielle questionne aussi beaucoup, dans les administrations comme dans l’Assemblée.
Les 7 et 8 novembre, l’Assemblée rencontrera des chercheuses et chercheurs, des actrices et acteurs de terrain et l’administration régionale. Les séances suivantes seront consacrées à la délibération : dégager des priorités, puis les traduire en recommandations concrètes pour les services publics bruxellois.
Après l’habitat, l’alimentation et la consommation, ce quatrième cycle confirme l’ancrage d’un dispositif devenu permanent dans le paysage bruxellois.
Pour en savoir plus :
- Notre fiche projet
- Le site de l’Assemblée où vous pouvez retrouvez les avis citoyens des précédents cycles, les retours du Gouvernement ainsi que les portraits que nous réalisons.






