Archives des inclusion - Missions Publiques https://missionspubliques.org/tag/inclusion/ Wed, 26 Feb 2025 11:06:50 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.8.3 https://missionspubliques.org/wp-content/uploads/2021/03/favicon.png Archives des inclusion - Missions Publiques https://missionspubliques.org/tag/inclusion/ 32 32 Une coalition pour une IA inclusive https://missionspubliques.org/une-coalition-pour-une-ia-inclusive/ Wed, 26 Feb 2025 10:52:15 +0000 https://missionspubliques.org/?p=11451 L’article Une coalition pour une IA inclusive est apparu en premier sur Missions Publiques.

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« Pour voir le monde différemment, nous devons décoloniser les récits européens » https://missionspubliques.org/pour-voir-le-monde-differemment-nous-devons-decoloniser-les-recits-europeens/ Mon, 25 Sep 2023 09:25:33 +0000 https://missionspubliques.org/?p=9403 L’article « Pour voir le monde différemment, nous devons décoloniser les récits européens » est apparu en premier sur Missions Publiques.

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« Décolonisons nos connaissances de la démocratie délibérative » https://missionspubliques.org/decolonisons-nos-connaissances-de-la-democratie-deliberative/ Mon, 17 Oct 2022 15:22:19 +0000 https://missionspubliques.org/?p=8137 L’article « Décolonisons nos connaissances de la démocratie délibérative » est apparu en premier sur Missions Publiques.

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La délibération est-elle universelle ? Est-ce souhaitable ? Notre façon de la conceptualiser et de l’organiser en Europe est-elle (trop) « occidentalo-centrée » ? Et sommes-nous prêt-e-s collectivement à entendre les réponses ? Elles méritent en tout cas d’être mises en discussion et en débat. Deux chercheuses expertes en innovation démocratique, Nicole Curato et Melisa Ross(1), viennent remettre de la perspective dans nos pratiques. Interview croisée.

Missions Publiques. Vos travaux portent sur la délibération dans le monde. La délibération est-elle universelle ou est-ce un pur « produit » exporté d’Occident ?

Melisa Ross. La réponse à cette question dépend de la façon dont nous conceptualisons la délibération : si nous la comprenons en termes académiques, nous parlons d’une conversation qui se déroule dans des conditions strictement « contrôlées », où un groupe sélectionné de participants peut peser et considérer les opinions des autres vers un objectif commun : atteindre un consensus par le biais du raisonnement public.

Mais cette définition présuppose un certain nombre d’éléments tels que l’égalité d’accès à la sphère publique, des façons normatives de penser l’argumentation et les structures de discours, et ignore dans une large mesure les inégalités matérielles très réelles qui peuvent empêcher les gens de s’engager dans de tels espaces.

Si nous comprenons la délibération, au contraire, comme une forme de conversation dite « démocratique », nous pensons plutôt à une capacité humaine qui existait bien avant que ces définitions savantes ne prennent forme, et qui continuera d’exister après également.

La question n’est donc peut-être pas de savoir si la délibération est universelle, car elle fait partie de l’expérience humaine partagée et se déroule dans de nombreuses formes et contextes différents. Peut-être devrions-nous plutôt nous demander pourquoi nous n’avons pas accordé autant d’attention à la façon dont la délibération « réelle » se déroule effectivement dans le monde entier.

Nicole Curato. Je suis d’accord avec Melisa pour dire que la délibération – au sens large – a lieu dans divers endroits en dehors de l’Occident. Le livre Deliberative Democracy in Asia, par exemple, a fourni de nombreux exemples historiquement fondés sur la façon dont la consultation inclusive en tant que mécanisme de prise de décision collective a longtemps été une pratique dans les sociétés asiatiques, même avant l’introduction des élections. La délibération peut avoir un « look and feel » différent selon les endroits, et notre tâche en tant que chercheurs et défenseurs de la démocratie délibérative est de célébrer la pluralité des expressions de la délibération, au lieu d’imposer un format idéal de ce que peut être une « bonne délibération ».

 

Missions Publiques. Si nous poursuivons votre raisonnement, lorsque « nous » parlons de délibération, c’est-à-dire dans l’espace académique et dans le Global North(2) , nous pensons à une délibération formalisée et institutionnalisée…

Melisa Ross. Oui et cela implique au moins deux caractéristiques : premièrement, que les participants aient un accès égal à l’information et à un espace de conversation, et deuxièmement, qu’ils représentent d’une certaine manière le corps social dans son ensemble.

Et pourtant, lorsque nous examinons les ressources publiques existantes pour ceux qui souhaitent mettre en œuvre des processus délibératifs, la liste des principes clés s’allonge rapidement : par exemple, l’OCDE identifie au moins onze principes pour implémenter des processus délibératifs de qualité.

Ainsi, au lieu de considérer la délibération comme une forme existante d’organisation et d’échange démocratiques au sein des communautés, la portée des processus auxquels nous pensons se réduit rapidement lorsque nous considérons ces deux éléments comme le cœur de la délibération. Nous pensons maintenant à des formes très spécifiques de conversation qui peuvent avoir lieu dans des conditions très restrictives, extrêmement difficiles à réaliser dans des contextes autres que ceux des pays et sociétés riches en ressources.

Dans la pratique, cela s’est traduit par un intérêt accru pour les conditions matérielles permettant de créer cet espace de conversation, comme la garantie d’une expertise indépendante et d’une facilitation professionnelle, le choix de bâtiments ou de plateformes accessibles pour que ces conversations puissent avoir lieu, et plus récemment, comme nous l’avons vu à la Global Assembly(3), l’intégration de solutions telles que la traduction simultanée pour les participants.

Nous assistons à une consolidation croissante du tirage au sort, en tant que garantie de représentation et de légitimité dans la délibération. Cela peut conduire à deux problèmes : premièrement, ignorer les formes dynamiques de participation et de délibération au-delà du Global North parce qu’elles ne correspondent pas à ces principes, et deuxièmement, tenter d’enraciner la délibération formelle et institutionnalisée qui reflète ces principes dans des contextes où ils pourraient avoir peu de sens, ignorer les formes existantes de gouvernance communautaire, ou même effacer l’impact de ceux qui travaillent dans les territoires et sur le terrain.

Nicole Curato. Je suis aussi profondément préoccupée par le fait que certaines personnes assimilent la « démocratie délibérative » au tirage au sort ou aux mini-publics délibératifs. C’est une honte parce qu’une grande partie de notre tâche en tant que défenseurs de la démocratie délibérative est de réfléchir aux moyens de transformer notre sphère publique, et comment notre sphère publique peut être plus sensible aux bonnes raisons, comment notre sphère publique peut écouter les voix minoritaires. Une partie de notre tâche consiste à réfléchir à la réglementation ou à la responsabilité des grandes entreprises de la tech qui façonnent les conversations publiques d’aujourd’hui, lesquelles se déroulent principalement en ligne, ou à réfléchir à l’économie politique des médias mondiaux qui favorisent les intérêts commerciaux au détriment du bien public. Je connais de nombreux partisans de la démocratie délibérative qui travaillent dans ce domaine, et j’espère que ces voix pourront également être amplifiées.

«  Il est logique de comprendre comment les citoyens créent du changement en dehors de salles bien rangées, de conversations facilitées et de contributions d’experts rationnalisées

Melisa

Missions Publiques. « Pensez-vous qu’il existe une manière européenne/occidentale de parler de la participation et de la délibération des citoyens ? Comment ? »

Melisa Ross. Volontairement ou involontairement, le « Global North » fixe les normes de la direction que prend le monde. Si l’on prend le rapport de l’OCDE(4) sur les principes de la démocratie délibérative, élaboré à partir de l’examen de plus de 570 processus délibératifs qui ont eu lieu dans les pays du Nord, il conclut que la délibération prend de plus en plus de place en tant qu’option pour influencer les politiques au niveau mondial.

Mais d’autres bases de données nous donnent d’autres informations. Par exemple, la base de données LATINNO(5) a enregistré 3 700 cas de participation uniquement en Amérique latine, au cours de la période comprise entre 1990 et 2020. Parmi eux, la délibération a été le principal moyen d’innovation dans au moins 43 % de tous ces cas. Pour autant que nous le sachions, il y a plus de délibérations en Amérique latine que partout ailleurs dans le monde. 28 % de ces milliers de cas reposent sur la participation des citoyens, 24 % sur la participation numérique et 5 % sur le vote direct. Qu’en est-il donc de ces autres possibilités d’influencer les politiques ?

Et pourtant, ce ne sont pas les processus que nous étudions, ni les expériences dont nous tirons des enseignements. Participedia(6), qui est une base de données ouverte et collaborative où chacun peut envoyer des contributions, a enregistré quelques 2 000 cas différents de participation et de délibération à travers le monde, qui se sont déroulés selon plus de 350 méthodes différentes et ont impliqué plus de 800 organisations. Il est fascinant de voir tout ce que font les communautés à travers le monde, alors pourquoi sommes-nous encore si concentrés sur si peu de cas en Europe et dans d’autres pays occidentaux ? En particulier lorsque les leçons que nous pouvons en tirer sont difficilement applicables en dehors des pays du nord.

Cela ne veut pas dire que ces processus à travers le monde sont sans faille ou exemplaires. Il arrive souvent qu’ils ne parviennent pas à leurs fins, qu’ils soient cooptés par des forces autres que celles des citoyens, ou que leurs résolutions soient complètement ignorées par les gouvernements et autres organismes puissants. Mais c’est la réalité désordonnée de la gouvernance, des communautés réelles qui déterminent leurs besoins et la façon de les résoudre, et il est logique de comprendre comment les citoyens créent du changement en dehors de salles bien rangées, de conversations facilitées et de contributions d’experts rationnalisées.

Nicole Curato. Oui, elle existe, et quel ennui ! Lorsque j’ai appris ce qu’était la « démocratie délibérative » pour la première fois, ce que j’appelle le « discours de la bienséance » était considéré comme l’exemple à suivre. Certains disaient que les délibérations de la Cour suprême étaient la forme idéale de délibération, tandis que d’autres désignaient les débats parlementaires comme autre lieu de délibération.

La théorie délibérative, bien sûr, a cessé de présenter ces espaces comme les lieux idéaux de délibération, surtout après la critique féministe selon laquelle ces espaces sont principalement composés d’hommes éduqués et d’une classe élitiste. Ainsi, au cours des dernières décennies, la théorie délibérative a considéré des lieux de discours plus « quotidiens » comme les médias sociaux, la famille, les tables de cuisine et d’autres lieux de conversation « domestiques » associés aux femmes en tant qu’espaces dynamiques de délibération.

J’espère également que l’on reconnaîtra davantage la façon dont la délibération se déroule en dehors des paramètres du « discours de la bienséance ». Dans mon pays d’origine, les Philippines, les conversations politiques les plus riches et les plus dynamiques que j’ai observées ne se déroulent pas dans les salles de congrès officielles, mais devant les devantures de magasins où les membres de la classe ouvrière, les femmes au foyer et les travailleurs précaires se retrouvent pour prendre un verre ou partager un en-cas, et s’engagent dans des échanges bruyants, sur un ton souvent léger mais franc, parfois vulgaire mais pointus sur les problèmes sociaux et ce qui peut être fait pour changer la société. Ces sites informels de délibération sont essentiels dans une sphère publique où les élites dominent les sites de pouvoir.

 

Missions Publiques. En quoi plaquer un modèle ou normer des processus délibératifs peut-il être préjudiciable ?

Melisa Ross. Il existe de nombreuses façons de mettre en œuvre le changement, en particulier dans les communautés et dans les contextes qui ne disposent pas des ressources du Global North. Il est facile d’énumérer de longues listes de normes et de standards qui ne peuvent être atteints qu’avec de gros budgets dont la plupart des organisations, des gouvernements et des communautés ne disposent pas. Au lieu de cela, ce qui semble fonctionner dans le Sud, c’est de « travailler avec ce que nous avons » et de continuer à engager les communautés de la même manière qu’elles se sont engagées elles-mêmes.

Certains universitaires et organisations occidentaux font la promotion de formes très spécifiques de délibération comme remèdes universels aux malaises démocratiques. Je ne crois pas que ces « remèdes » puissent être simplement transplantés et fonctionner au-delà du contexte des pays riches en ressources. Mais ce qui est encore plus important, c’est que la promotion de ce type d’institution, sans prêter attention aux effets de telles généralisations, peut conduire à des résultats préjudiciables très concrets : tout comme la « participation citoyenne » est devenue un mot à la mode dans le développement international dans les années 1990 et s’est glissée dans les conditions des prêts internationaux et des financements du tiers secteur, nous voyons lentement les assemblées de citoyens et le tirage au sort devenir la nouvelle norme internationale pour une « bonne » participation. Les communautés à travers le monde font face à de sérieux défis pour répondre à ces normes, mais elles pourraient bientôt devoir s’engager à mettre en œuvre des processus basés sur le tirage au sort comme une condition pour recevoir les financements dont dépendent leurs projets et leur organisation collective.

La délibération a déjà lieu, partout dans le monde. Si certains processus et institutions sont particulièrement adaptés à des fins concrètes, comme les assemblées de citoyens et les mini-publics, le changement social est toujours en devenir. Mon humble appel est de regarder les endroits où l’action délibérative est déjà en cours, d’observer et d’apprendre comment les communautés émergent, prospèrent, se dégradent et créent des opportunités pour de nouveaux processus.

Nicole Curato. Je pense que la plupart des processus mondiaux ont été trop orientés vers l’Occident, mais cela change lentement. Melisa et moi, ainsi que nos collègues du monde entier, avons plaidé pour « décoloniser » nos connaissances sur la démocratie délibérative. Il ne s’agit pas seulement de reconnaître qu’il existe des voix non occidentales et que, par conséquent, nous devons intégrer ces voix dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques. Cela signifie également que les pays du Nord ont le luxe d’innover en matière de processus démocratiques, car leurs systèmes démocratiques sont fondés sur l’exploitation des sociétés du Sud et des communautés indigènes.

En Australie, par exemple, mon équipe et moi-même avons organisé des jurys de citoyens à l’ancien Parlement de Canberra. L’idée est que nous voulons que nos participants s’assoient dans les salles où les députés avaient l’habitude de délibérer (avant de déménager dans le nouveau bâtiment du Parlement) et ressentent le « pouvoir » de la délibération. Ce que nous oublions commodément, c’est que ce même bâtiment où nous tenons nos délibérations est construit sur des terres volées aux peuples autochtones. Il y a littéralement une tente-ambassade autochtone de l’autre côté de l’ancien Parlement, qui est, je crois, la plus longue occupation continue au monde, pour affirmer leur visibilité – leur existence – compte tenu de l’histoire de l’accaparement des terres et de la violence coloniale qui a presque anéanti leurs communautés. Personnellement, je réfléchis encore à la raison pour laquelle il m’a fallu si longtemps pour problématiser cette situation, et à la mesure dans laquelle je suis complice de ma violence permanente à l’égard des peuples coloniaux. Je vois celles et ceux qui font de l’ « innovation démocratique » dans l’ancien Parlement, sans réaliser que notre innovation démocratique n’a été rendue possible qu’en niant que nous tenons des délibérations sur des terres volées.

«  Bien avant que les théoriciens de la démocratie ne défendent l’importance d’écouter la nature et d’intégrer celle-ci dans nos délibérations, les communautés indigènes délibéraient déjà.

Nicole

Missions Publiques. Pour résumer : la tendance actuelle en Occident est de penser la délibération en termes de cadrage des problèmes et de prise de décision. Quelles sont les exemples inspirants de délibération que vous avez pu observer dans les pays du Global South ?

Melisa Ross. D’autres processus à travers le monde ont montré à plusieurs reprises que la délibération a lieu non seulement sous de multiples formes et dans de multiples contextes, mais aussi à d’autres étapes du processus politique. La délibération est bien plus qu’un groupe de personnes dans une pièce débattant de recommandations, et cela est bien documenté dans les bases de données mondiales que j’ai mentionnées ci-dessus.

Par exemple, LATINNO enregistre des cas de participation et de délibération qui opèrent même sur plusieurs étapes du cycle politique en même temps, en partant de la définition du problème jusqu’à l’évaluation et à l’apprentissage. Il peut s’agir d’« espaces où l’on est invité » créés par les gouvernements, tels que des conseils consultatifs convoqués pour co-gouverner des domaines politiques spécifiques comme les droits des LGBTQI+ ou la réglementation du travail. Mais il existe d’autres exemples où les communautés co-gouvernent avec, sans ou malgré l’État, par exemple dans le cadre d’actions environnementales ou de planification participative(7). C’est le cas de la Chine par exemple, très friande des processus de budgets participatifs avec le support et encadrement du parti communiste chinois.

Je trouve particulièrement fascinantes certaines institutions dirigées par des citoyens pour la gestion communautaire de services décentralisés, ce qui est très typique des communautés rurales d’Amérique latine où l’approvisionnement en eau et en électricité fait défaut parce qu’il n’est pas rentable pour les entreprises d’installer des infrastructures. Dans ces endroits, les communautés prennent l’affaire en main – nous voyons des citoyens ordinaires apprendre à gérer des infrastructures complexes telles que la purification et la distribution d’eau potable dans leurs communautés par le biais d’actions délibératives. Ici, les communautés n’ont pas besoin de tirage au sort, mais développent des réponses à leurs besoins urgents en s’appuyant sur cette capacité humaine à échanger entre elles, à peser les options, à prendre des décisions collectives et à collaborer à leur mise en œuvre.

Nicole Curato. En Australie, il y a une volonté forte d’écouter les voix des communautés indigènes et d’apprendre de la façon dont elles délibèrent et prennent des décisions. Bien avant que les théoriciens de la démocratie ne défendent l’importance d’écouter la nature et d’intégrer celle-ci dans nos délibérations, les communautés indigènes délibéraient déjà de cette manière. Nous avons tant à apprendre d’elles.


(1) Nicole Curato est professeure de sociologie politique au Centre pour la démocratie délibérative et la gouvernance mondiale de l’Université de Canberra (Australie). Melisa Ross est chercheuse du projet Healthier Democracies, dirigé par le centre de recherches Public Agenda de New-York. Elles sont intervenues pour nourrir les réflexions de notre programme les Fellows de Missions Publiques.
(2) Le concept de Nord global et de Sud global (ou fracture Nord-Sud dans un contexte global) est utilisé pour décrire un regroupement de pays selon des caractéristiques socio-économiques et politiques. Le Sud global est un terme souvent utilisé pour identifier les régions d’Amérique latine, d’Asie, d’Afrique et d’Océanie.
(3) https://globalassembly.org
(4) Le rapport de l’OCDE « Participation citoyenne et nouvelles institutions démocratiques », la vague délibérative, synthèse 2020
(5) https://www.latinno.net/en/
(6) https://participedia.net/
(7) Lire notre interview de Su Yun Woo « Les processus participatifs en Chine ne sont pas nécessairement de la poudre aux yeux » : https://missionspubliques.org/les-processus-participatifs-en-chine-ne-sont-pas-necessairement-de-la-poudre-aux-yeux/

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Débat citoyen sur la protection sociale : clap de fin ? Pas vraiment… https://missionspubliques.org/debat-citoyen-sur-la-protection-sociale-clap-de-fin-pas-vraiment/ Wed, 09 Mar 2022 20:17:48 +0000 https://missionspubliques.org/?p=6213 L’article Débat citoyen sur la protection sociale : clap de fin ? Pas vraiment… est apparu en premier sur Missions Publiques.

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Le débat citoyen sur la protection sociale initié par APF France handicap vient de s’achever. Cette aventure, qui a rassemblé 34 adhérent-e-s de l’association et 24 citoyen-ne-s tous tiré-e-s au sort, s’est clôturée par une journée de restitution de l’avis au musée des Arts Forains à Paris puis par une rencontre avec les équipes de campagne des candidat-e-s à l’élection présidentielle.

Les participantes et participants du débat citoyen se sont enfin rencontrés en vrai mardi 1er mars. Pour remercier les participants de leur implication et valoriser leurs recommandations, APF France handicap avait organisé la cérémonie de restitution de l’avis citoyen au musée des Arts Forains à Paris. Un endroit magique et singulier pour clôturer des semaines de rencontres et de discussions derrière des ordinateurs. « Ils ont réussi à créer du lien social uniquement avec de la visio ! s’étonne Aude, responsable du développement associatif à APF France handicap, « le présentiel ne fait que le confirmer ». Aude avait aussi la charge du recrutement des facilitateurs au sein même de l’association, car l’autre particularité de la démarche (en plus de mixer public en situation de handicap et public valide) était la formation en interne. En soutien à l’équipe de Missions Publiques en charge de la coordination et de l’animation, des membres volontaires de l’association ont aidé et facilité les discussions en sous-groupe tout au long du débat (lire les interviews des facilitateurs d’APF France handicap). « C’est vraiment émouvant de se retrouver. D’un certain point de vue, c’est comme si on se connaissait déjà » confirme Pascal, facilitateur d’APF et Directeur territorial des actions associatives (Essonne, Seine et Marne et Val de Marne).

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Après une présentation de leur avis citoyen « protection sociale : quel modèle pour demain ? », les participants ont eu un retour précis et documenté de deux intervenants : Eric Chenut, président de la Mutualité française et Frédéric Sève, secrétaire national de la CFDT, tous deux soulignant « la qualité des recommandations » et la nécessité de « travailler collectivement sur les enjeux de demain ». « La protection sociale nous concerne tous dans notre capacité à nous émanciper collectivement et individuellement. C’est probablement quelque chose qui nous manque dans le débat public : redonner du sens et de la perspective. Il faut donner la capacité aux citoyens de prendre part au débat pour qu’ils puissent agir sur leur environnement personnel et familial et pour ne pas subir les transformations de demain. L’idée est de savoir répondre aux nouveaux fragments de la société, aux modes de vies plus séquentiels que nous connaissons » a déclaré Eric Chenu qui est également revenu sur la démarche de démocratie participative que la Mutualité française a conduite sur le sujet de l’aide, de l’entraide et des nouvelles solidarités. Un exercice participatif qui a aussi intéressé le représentant du syndicat pour qui « votre travail montre qu’il est possible de porter une parole collective, non professionnelle et non personnelle qui se bâtit sur des sujets parfois complexes et techniques. La question de l’accessibilité et des droits des personnes doit être une préoccupation majeure. On ne progressera pas si on ne prend pas en compte les conditions de travail de toutes les personnes ».

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Le thème de la protection sociale est large et interroge de nombreux sujets de société : le domaine de la santé (mentale et environnementale), mais aussi les mutations du travail, la distribution des richesses, l’évolution de la famille, les notions d’entraides et reconnaissance des contributions non marchandes à la société etc. C’est ce qu’on défendu les participants, qui ont rencontré le lendemain les équipes de campagne des candidats à l’élection présidentielle dans leur QG respectif [1]. Un accueil apprécié et pour certains un échange constructif sur des propositions concrètes et des ambitions (parfois partagées, parfois non) : revenu universel, lutte contre les déserts médicaux, renforcement des services de proximité dans les territoires, valorisation du travail des aidants professionnels et meilleure reconnaissance de l’aidance familiale… mais aussi renforcement du volet préventif de la protection sociale et une meilleure prise en compte de la santé mentale et des conséquences du réchauffement climatique sur la santé. Si certaines équipes, plus à l’aise sur le thème du handicap, ont cherché à circonscrire les échanges sur ce sujet, les citoyens, eux, ont eu un cœur de défendre une vision et des propositions de transformation plus globales sans se laisser enfermer dans une case.

[1] Dominique Versini (Anne Hidalgo), Lydie Raer (Yannick Jadot), Dominique Gillot (Emmanuel Macron), Marie-Laure Darrigade (Jean-Luc Mélenchon), Philippe Mouiller (Valérie Pecresse) et Michelle Demessine (Fabien Roussel).
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Enthousiastes sur l’expérience, ils sont plus dubitatifs sur les « résultats » et la prise en compte par les candidats de ce sujet. Du côté de l’association APF France handicap, les administrateurs se sont engagés à faire vivre les travaux et à intégrer une partie des propositions dans leurs réflexions, notamment via le projet associatif. « Au-delà des moyens budgétaires à trouver, l’avis souligne qu’il s’agit d’un investissement pour l’avenir. Notre pays a la capacité de prendre des décisions audacieuses. » s’est félicitée Pascale Ribes, présidente d’APF France Handicap « Ce débat marque une opportunité pour échanger sur nos préoccupations personnelles et collectives. Il fallait des échanges profonds, constructifs et apaisés ».

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Débat citoyen sur la protection sociale : l’analyse des facilitateurs d’APF France handicap https://missionspubliques.org/debat-citoyen-sur-la-protection-sociale-lanalyse-des-facilitateurs-dapf-france-handicap/ Wed, 09 Mar 2022 20:16:59 +0000 https://missionspubliques.org/?p=6203 L’article Débat citoyen sur la protection sociale : l’analyse des facilitateurs d’APF France handicap est apparu en premier sur Missions Publiques.

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Le débat citoyen sur la protection sociale initié par APF France handicap vient de s’achever. Cette aventure, qui a rassemblé 34 adhérent-e-s de l’association et 24 citoyen-ne-s tous tiré-e-s au sort, s’est clôturée par une journée de restitution de l’avis au musée des Arts Forains à Paris. C’est la première fois que les citoyens se voyaient en vrai et rencontraient les facilitateurs des débats, à la fois des professionnels mais aussi des membres de l’association formés pour l’occasion. Présents le jour J, Aude, responsable du développement associatif ; Pascal, directeur territorial des actions associatives (Essonne, Seine et Marne et Val de Marne) et Claudine, cheffe de projet Ressources, ont répondu à nos questions.

Missions Publiques. Que retenez-vous de cette démarche ?

Aude. L’hybridation entre citoyens lambdas et adhérents de l’association est super intéressante et importante pour nous. Avec cette démarche, salariés, adhérents et élus de l’APF ont pu s’approprier un apprentissage complet sur le rôle de facilitateur, notamment sur sa neutralité en animation. Il faut dire que ce n’est pas forcément simple quand on est justement une association militante. Mais nous avons été épaulés par l’expertise de Missions Publiques. Ce débat citoyen était important pour nous car l’objectif était de démontrer que notre association pouvait porter et organiser de la participation citoyenne sur des sujets plus larges que sur le handicap.

Pascal. Comme beaucoup, je suis un peu déçu que tout se soit passé en distanciel car cela affaiblit la possibilité d’avoir des temps de convivialité et de cohésion, de constitution d’un groupe. Cela étant, j’ai trouvé que c’était plutôt très bien animé y compris les alternances entre les plénières et les ateliers qui ont vraiment permis d’avancer et de construire l’avis final. Je suis plus dubitatif sur les apports extérieurs. Même si ce n’est pas l’avis de tous, je n’ai pas eu l’impression que ça nourrissait énormément les échanges. Au fur et à mesure de ces derniers, une image m’est venue : ce débat citoyen a fonctionné comme une imprimante 3D, c’est-à-dire qu’à chaque séance des couches de contributions se rajoutaient sur d’anciens points. J’ai bien envie que l’on s’inspire de ce type d’animation, de production collective, pour moderniser la manière dont on anime notre réseau militant.

Claudine. Je trouve que c’est une super initiative de notre association qui affiche une volonté d’expression démocratique forte en y associant la société civile. Cela a permis la création d’excellents moments de partages entre les personnes concernées par le handicap et les personnes qui ne le sont pas. Souvent, les gens ne se sentent pas concernés par cette situation et leur méconnaissance traduit des moments gênants comme le fait de ne pas oser se rapprocher de certaines personnes en situation de handicap. Localement, ça me donne envie d’appréhender de nouvelles initiatives : ne pas mettre que des personnes en situation de handicap dans la boucle mais élargir à des citoyens hors milieu. Grâce à cette démarche, j’ai beaucoup appris même si je ne suis pas encore experte de la facilitation.

La démarche s’inscrit aussi dans la volonté de l’association de renforcer son travail sur la participation citoyenne : comment permettre à des personnes en situation de handicap de participer aux orientations de l’association ? Comment participer au plaidoyer et aux actions de plaidoyer ? En ce sens, le débat citoyen a constitué une étape supplémentaire dans la réflexion en ouvrant le débat aux personnes non adhérentes.

« En matière d’inclusion, il n’y a rien de tel. Je pense que les participants de la société civile ont pris conscience que ce n’est pas parce qu’on rencontre des difficultés à s’exprimer (problème d’élocutions notamment…) que l’on n’a rien à dire.

Claudine

Cheffe de projet Ressources d'APF France Handicap

Missions Publiques. La démarche d’APF France handicap s’inscrit dans la volonté de l’association de renforcer son action de plaidoyer et de nourrir ses orientations. Pour vous, qu’à permis ce débat citoyen ?

Pascal. Une démarche participative comme celle-ci permet de proposer une forme de débat bienveillante donnant la parole à tout le monde. C’est cette liberté d’expression qui a permis à des avis minoritaires, parfois agressifs et extrémistes, de se faire une place importante au début des échanges. Mais le travail collectif des participants amène chacun d’entre-nous à revoir nos positions. Petit à petit, ces mêmes avis ont été marginalisés et les auteurs ont pu atténuer leurs propos.

Claudine. En matière d’inclusion, il n’y a rien de tel. Surtout lorsqu’on ouvre la participation au grand public. Dans notre cas, je pense que les participants de la société civile ont pris conscience que ce n’est pas parce qu’on rencontre des difficultés à s’exprimer (problème d’élocutions notamment…) que l’on n’a rien à dire. Il faut être à l’écoute de ceux qui n’osent pas prendre la parole.
Pour que ces objectifs soient atteints, je pense qu’il est important de se faire aider par des professionnels de la participation et de l’inclusion.

« Le travail est solide et bien construit, je sens que c’est compris, je sais que je vais le diffuser autour de moi.

Pascal

Directeur territorial des actions associatives

Missions Publiques. Que retenez-vous de l’avis citoyen final ?

Aude. En ce qui concerne les résultats, nous avons là une très belle synthèse de ce qu’on a pu entendre. Voir la réaction des personnes qui ont représenté ces contributions est bluffant.
A voir désormais ce que cela va donner avec les politiques : sont-ils capables de s’en saisir ? Pour le moment, ce sujet n’est pas une très grande réussite. Néanmoins, grâce à ce débat citoyen, nous montrons que nous avons la capacité de faire le lien entre les citoyens et les hommes/femmes politiques (ou personnes qui influent sur les politiques publiques).

Pascal. Le travail est solide et bien construit, je sens que c’est compris, je sais que je vais le diffuser autour de moi. Cependant, l’effet sur les candidats, je n’y crois pas du tout. Quand on voit les anciennes démarches plus importantes qui n’ont rien données… La période actuelle de campagne présidentielle est propice aux fausses promesses.

Claudine. Je suis très satisfaite du résultat mais pas sûre que nous soyons vraiment entendus. Il faut que tous les membres d’APF France handicap bousculent l’ensemble des acteurs politiques qu’ils connaissent et pas que le Président de la République. Il y a les départements, les mairies, les députés, les agglomérations, etc. Il faut continuer le combat.

Et elle entend bien utiliser la plateforme pour porter sa voix au sujet des violences envers les femmes… En 2019, le Conseil de sécurité de l’ONU avait adopté, par 13 voix et 2 abstentions (Russie et Chine), une résolution pour combattre le viol comme arme de guerre, mais en la vidant de sa substance. Sa résolution aujourd’hui : faire reconnaître par l’UE le viol comme arme de guerre. Son arrivée à Dublin, en Irlande, pour cette dernière session des Panels Citoyens est un souffle d’air pour « parler la langue que je chante, mais que je ne parle jamais ! ».

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Pub et paris sportifs : retours sur les ateliers citoyens https://missionspubliques.org/pub-et-paris-sportifs-retours-sur-les-ateliers-citoyens/ Wed, 09 Mar 2022 20:15:33 +0000 https://missionspubliques.org/?p=6162 L’article Pub et paris sportifs : retours sur les ateliers citoyens est apparu en premier sur Missions Publiques.

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« Les algorithmes ne sont pas à condamner, les seuls responsables sont ceux qui les conçoivent » https://missionspubliques.org/les-algorithmes-ne-sont-pas-a-condamner-les-seuls-responsables-sont-ceux-qui-les-concoivent/ Wed, 09 Mar 2022 16:37:23 +0000 https://missionspubliques.org/?p=6349 L’article « Les algorithmes ne sont pas à condamner, les seuls responsables sont ceux qui les conçoivent » est apparu en premier sur Missions Publiques.

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Le premier d’une série de 24 hackathons a eu lieu à Paris du 5 au 8 mars, dans le cadre du projet européen Equals mené par Missions Publiques et en partenariat avec Willa et Maddyness. Les participantes, de paris et de sa banlieue, se sont déplacées pour montrer leur talent et leur passion pour la construction de solutions inclusives pour les minorités de genre.

La mission des participantes était claire : proposer des solutions innovantes pour l’inclusion des minorités de genre dans la prise de décision.

Selon une enquête préliminaire, plus de 40 % des participantes au hackathon avaient peu ou pas d’expérience en matière de programmation avant de participer au hackathon, et 30 % supplémentaires avaient peu ou pas du tout d’expérience en numérique. Le hackathon Equals EU a offert à ces participantes motivées des ressources éducatives de haute qualité pour leur permettre de se lancer dans l’innovation, tout en intégrant une approche intersectionnelle dans leur processus de réflexion. En éduquant les nouvelles venues dans le domaine et en inspirant et accélérant la croissance des habituées, ce hackathon a pu mettre en évidence le large éventail de personnes talentueuses qui travaillent à faire évoluer l’écosystème de la tech et du numérique dans une direction inclusive, intersectionnelle et diverse.

Nous sommes ravies d’annoncer le projet lauréat : AETHIQUE , un algorithme non discriminant, sans biais cognitif, qui favorise l’accès à l’emploi des minorités de genre. La devise du groupe : « Les algorithmes ne sont pas à condamner, les seuls responsables sont ceux qui les conçoivent ».

Leur solution en quelques mots. Dans plusieurs domaines de nos vies et sociétés (RH, finance, communication, éducation …), nous déléguons de plus en plus de décisions à des algorithmes d’intelligence artificielle. Alors que les statistiques montrent que ces décisions discriminent des groupes d’humains. Pourquoi ? 78 % des algorithmes sont conçus par des hommes, blancs et cis-genre. L’intelligence artificielle qu’ils créent reflète leurs biais cognitifs, leurs subjectivités et leurs visions du monde. L’efficacité de l’intelligence artificielle peut et doit être évaluée autant sur des critères techniques et économiques que sur des critères d’inclusion et de non-discrimination. IAETHIQUE propose donc de scanner les systèmes utilisant des programmes d’IA et de les réparer en prenant en compte cette notion d’inclusion de genre. « Nous nous battons pour une IA juste et inclusive. »

L’équipe gagnante qui aura terminé avec succès le programme d’incubation de six mois sera invitée à postuler pour une place entièrement financée dans l’école d’été de développement professionnel et le bootcamp de leadership EQUALS de trois semaines qui se tiendra en juin 2023. L’école d’été se tiendra à Genève, en Suisse, et se terminera à Valence, en Espagne.

Merci aux juges et aux expertes  Nolwen Le Chevalier Elodie FREITAG Xuan-Vi Tran Lauren Lolo Nathalie Coulibeuf Audrey Saunion Lina Olivares  ainsi qu’aux participantes qui ont fait de ce hackathon un succès.

#EqualsEuHackathons

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La tech et le genre, un combat multiculturel https://missionspubliques.org/la-tech-et-le-genre-un-combat-multiculturel/ Wed, 09 Feb 2022 15:00:31 +0000 https://missionspubliques.org/?p=5942 L’article La tech et le genre, un combat multiculturel est apparu en premier sur Missions Publiques.

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« Rendre accessible les prises de décisions aux personnes marginalisées » https://missionspubliques.org/rendre-accessible-les-prises-de-decisions-aux-personnes-marginalisees/ Wed, 09 Feb 2022 11:01:16 +0000 https://missionspubliques.org/?p=5908 L’article « Rendre accessible les prises de décisions aux personnes marginalisées » est apparu en premier sur Missions Publiques.

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Débat citoyen APF France handicap : paroles de participants https://missionspubliques.org/debat-citoyen-apf-france-handicap-paroles-de-participants/ Fri, 07 Jan 2022 08:47:18 +0000 https://missionspubliques.org/?p=5688 L’article Débat citoyen APF France handicap : paroles de participants est apparu en premier sur Missions Publiques.

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APF France handicap est une association de défense et de représentation des personnes en situation de handicap et de leurs proches. Dans le cadre de la présidentielle, l’association initie un débat citoyen sur « la protection sociale : quel modèle pour demain ? ». La particularité de la démarche est de faire se croiser les regards entre personnes en situation de handicap, aidants ou proches et citoyens hors du champ du handicap. Nous avons interrogé quelques participantes et participants sur leurs motivations.

« Dépendre de la solidarité familiale est aberrant »  

A 28 ans, Stéphanie vit séparée de son conjoint. Un choix ? Pas vraiment. S’installer en couple l’empêcherait en effet de percevoir l’AHH, l’allocation adulte handicapée (1). C’est l’une des motivations qui la pousse à franchir les portes, virtuelles, du débat citoyen d’APF France handicap sur la protection sociale de demain. « Je serais totalement dépendante financièrement de mon conjoint, qu’on soit mariés ou non. J’aimerais que les politiques comprennent qu’être en situation de handicap n’est pas un choix. C’est aberrant aujourd’hui qu’on dépende de la solidarité familiale à ce point, en entretenant la précarité et en s’appuyant sur celles et ceux qui sont déjà aidants au quotidien ».

« J’aimerais que les politiques comprennent qu’être en situation de handicap n’est pas un choix. C’est aberrant aujourd’hui qu’on dépende de la solidarité familiale à ce point. »

– Stéphanie

Un autre phénomène : les personnes en situation de handicap sont, pour la plupart, contraintes d’être locataires à vie. « Ce n’est pas avec 900 euros par mois que je peux envisager sereinement de faire des enfants et que je vais pouvoir accéder à la propriété ».  Nourrie par son expérience de vie, Stéphanie porte un objectif bien précis. Elle plaide pour que la société dans son ensemble se sente concernée par la problématique globale de la protection sociale. « Je suis citoyenne avant d’être une personne en situation de handicap ».

(1). Le 17 juin 2021, la majorité et le Modem n’ont pas soutenu la proposition de loi permettant de ne plus tenir compte des revenus du conjoint dans le calcul de l’Allocation adulte handicapé (AAH) (articles en lien ci-dessous), face à tous les partis d’opposition qui, une fois n’est pas coutume, avaient fait front. Au désespoir des personnes concernées, ce texte n’a donc pas été voté…  

« Un meilleur dialogue entre les secteurs du social et du sanitaire »  

Caroline est enseignante chercheuse en soins palliatifs et accompagnement de fin de vie. Survivante d’un accident grave étant jeune fille, mariée à un époux qui a traversé trois cancers, elle connait les hôpitaux, et les hôpitaux la connaissent. Son métier-passion, elle le pratique depuis maintenant 20 ans par engagement. 20 ans qu’elle partage, écoute et accompagne des professionnels en formation qui se questionnent sur le mieux et le possible pour alléger les souffrances de leurs patientes et patients et de leurs proches à accompagner jusqu’à la fin de la vie.

« La protection sociale ne peut plus être autant financées par le fruit du travail ou des taxes sur les petites entreprises. Beaucoup sont déjà étranglés. »

– Caroline

Caroline connait bien l’association APF France handicap. Sollicitée il y a quelques années pour animer un groupe éthique sur la prise en charge de la douleur et la communication avec les personnes en situation de handicap, elle revient aujourd’hui pour participer au débat citoyen. Pour elle, il est important de créer un meilleur dialogue « entre les personnes du secteur sanitaire et les personnes du secteur social parce que nous n’avons pas tous le même discours ou les mêmes approches dans la prise en charge globale de la personne ». Son message ?  « La protection sociale ne peut plus être autant financées par le fruit du travail ou des taxes sur les petites entreprises. Beaucoup sont déjà étranglés. ». Aujourd’hui, elle se dit qu’elle devrait partir à la retraite mais encore faudrait-il trouver le relais.

« Enrichi par le dialogue avec les autres »   

Originaire du Var, David est un idéaliste de 43 ans qui rêve d’une France meilleure, plus humaniste et solidaire. Il espère même pouvoir se présenter aux élections présidentielles de 2022. Son collectif de campagne : « Vers l’humanisme » parce qu’on « n’entend plus suffisamment parler d’humanisme en politique aujourd’hui, et c’est sans doute la solution à tous nos problèmes ».

« On n’entend plus suffisamment parler d’humanisme en politique aujourd’hui, et c’est sans doute la solution à tous nos problèmes. »

– David

Pour lui, le débat citoyen organisé par APF France handicap est une opportunité « d’apprendre comment les gens réfléchissent, parce que si on veut combattre certaines idées il faut comprendre le pourquoi ». Son projet pour l’avenir : construire collectivement une alternative au capitalisme qui « épuise à la fois les êtres humains et la nature ».  De la revalorisation des métiers occupés par des femmes, à un revenu universel en passant par la prise en compte du vote blanc ou l’investissement massif dans les domaines de l’écologie et de la santé, son programme est « enrichi par les discussions avec les participantes et participation de sa table, que l’on soit alignés ou non ».

« On a tout à gagner à être dans le droit commun »   

Denyse est en situation de handicap depuis plus de 40 ans, après un AVC survenu pendant le congé maternité de son deuxième enfant. Elle a d’abord repris partiellement le travail avant de devoir arrêter, les voyages n’étant plus compatibles avec sa vie. Et malgré ses diplômes en sciences de l’économie et son expérience en banque, elle n’a plus trouvé d’emploi, « de place pour se recycler » selon ses mots.

« J’ai toujours apprécié la démarche participative car on avance ensemble. »

– Denyse

Cela fait 30 ans qu’elle est bénévole à APF France handicap car elle ne conçoit pas de rester chez elle. Depuis 2007, Denyse est élue-conseillère à la section locale de l’association de Loire-Atlantique. Cela consiste à adapter et à décliner les valeurs et les politiques du conseil d’administration national au niveau départemental et en l’adaptant au contexte local. En plus de son engagement associatif, elle est largement présente à la MDPH (maison départementale des personnes handicapées) et plus particulièrement dans la Commission des lois et de l’autonomie. Au-delà du sujet sur la protection sociale et de la question «public/privé » qui l’intéresse, elle a dit oui au débat citoyen car « j’ai toujours apprécié la démarche participative car on avance ensemble ». Elle attend de cette expérience des « propositions constructives à proposer aux candidats » et une « mise en avant de ce sujet dans la campagne » même si elle regrette que les gens ne s’en préoccupent pas plus. Pour elle, partir des personnes en situation de handicap permet de révéler des problématiques sociétales plus larges et d’avoir des propositions qui profite à toute la population. C’est pour cela qu’il faut élargir à tout prix le débat et sortir de l’entre-soi : « On a tout à gagner à être dans le droit commun. Le but n’est pas de mettre en avant des personnes car on est un collectif. J’ai toujours préféré la collégialité, c’est important d‘avoir tout le monde avec soi ».

« J’ai envie que le groupe soit écouté »   

Sylvain est enseignant en activités physiques adaptées pour APF France handicap dans un établissement médico-social en Savoie. Ce qui le motive, c’est de valoriser les capacités des personnes en partageant des activités qui génèrent du plaisir. D’abord sceptique, il a accepté de participer au débat citoyen organisé par l’association sur la protection sociale.

« Il faut pouvoir lever les freins à la pratique d’une activité physique ou sportive régulière, y compris en développant l’offre sportive inclusive profitable à tous. »

– Sylvain

Sylvain travaille depuis 3 ans chez APF France handicap. S’il a accepté de participer au débat citoyen de l’association, c’est parce qu’il croit en la force du collectif et des projets conduis en équipe. Sa motivation est de parvenir à une société plus inclusive et solidaire. Pour lui, cette participation est importante pour nourrir ses connaissances sur son domaine d’intervention, pouvoir écouter des spécialistes, et aussi échanger sur le thème de la protection sociale avec les sportifs qu’il accompagne.

En premier lieu sceptique : « La participation citoyenne ? J’étais un peu réticent, je doutais de l’efficacité de ces démarches. C’est pour cela que je n’ai pas formulé d’attentes très exigeantes pour ne pas être déçu », il s’est quand même laissé séduire par la richesse de l’expérience « J’ai quand même envie de m’y mettre à fond et de m’impliquer. J’ai envie que le groupe puisse être écouté par quelques candidats aux élections présidentielles 2022. Et qu’une ou deux propositions puissent être retenues ». Sylvain souligne également sa sensibilité écologique qu’il retrouve dans les débats « Les participants ont conscience du lien fort entre l’environnement et la santé ».

L’enseignant de 35 ans est animé par son combat pour l’égalité d’accès aux loisirs sportifs et pour que les effets bénéfiques des activités physiques et sportives soient connus et reconnus « Il faut pouvoir lever les freins à la pratique d’une activité physique ou sportive régulière, y compris en développant l’offre sportive inclusive profitable à tous ».

« Les gens ont tellement de connaissances ! »   

Toulousaine de 56 ans et juriste de formation, Catherine est assureur au service corporel contentieux d’une compagnie d’assurance. Depuis 30 ans, elle approche au quotidien la problématique du handicap à travers ses dossiers de victimes d’accidents de la circulation, d’accidents de la vie privée ou d’accidents médicaux.

« La protection sociale est un sujet permanent. La repenser ne fait pas écho à une crainte de l’avenir mais bien à une idéologie de défense des droits des gens. »

– Catherine

Avant cette démarche, Catherine ne connaissait pas APF France handicap. Cela ne l’a empêché d’accepter de participer au débat citoyen : « je n’ai pas hésité, j’ai dit oui tout de suite ! ». Faire partie de cette aventure lui permet de témoigner de la nature des difficultés rencontrées lorsque ces vies sont ainsi brisées mais aussi de souligner le parcours du combattant auquel ces personnes doivent souvent faire face : pour obtenir des informations et de l’aide concernant leurs nouveaux besoins liés au handicap. Elle fait également le lien avec la vie politique et économique du pays : « La protection sociale est un sujet permanent. La repenser ne fait pas écho à une crainte de l’avenir mais bien à une idéologie de défense des droits des gens ».

Catherine est inquiète : « Depuis 30 ans j’ai vu l’évolution du régime, de la mutuelle, des déserts médicaux, de la médecine du travail : la situation est dramatique ! ». Pour elle, notre système de protection sociale est essentiel et précieux, mais nécessite un recadrage et un dépoussiérage afin d’ajuster au mieux les dépenses publiques pour notamment créer de nouveaux métiers liés à l’accompagnement du handicap. C’est pour ces raisons qu’elle mise beaucoup sur la démarche et la mise en œuvre des propositions sur le plan politique. Ses premières craintes étaient d’avoir des débats orientés pour favoriser certaines mesures. Finalement, il s’agit d’un texte dans lequel elle retrouve une qualité des débats et de riches interventions toutes aussi variées « Je suis vraiment épatée et ravis de l’implication des participants. C’est une très bonne découverte, j’apprends beaucoup. Les gens ont tellement de connaissances. Et les débats ont été riches d’informations, d’émotions, et bravo pour le choix et la qualité des intervenants !».

« Accomplir un acte citoyen collectif »   

A 56 ans, Stéphane est aujourd’hui représentant du Conseil d’APF de département (CAPFD) du Morbihan et pour la Région Bretagne. Il vit depuis sa naissance avec une infirmité motrice cérébrale (IMC). Un handicap qui ne l’a pas empêché d’être actif, bien au contraire. Informaticien de formation, il a d’abord travaillé en activité industrielle puis dans un service multimédia pour personnes en situation de handicap dans un établissement et service d’aide par le travail (ESAT).

« Pour répondre aux incertitudes de demain et préparer les générations futures, nous devons apporter des réponses et solutions collectives tout en se basant sur nos expériences personnelles. »

– Stéphane

C’est à la suite d’un voyage organisé par la délégation départementale du Morbihan en 1989 que Stéphane devient bénévole à l’APF France handicap. C’est dans cette association qu’il trouve un épanouissement personnel et du sens à son engagement. Et ses précédentes activités professionnelles lui permettent d’apporter une vraie plus-value à l’association et aux nouveaux adhérents.

Convaincu que la protection sociale est une affaire de tous, Stéphane participe fièrement au Débat citoyen d’APF France Handicap, pour accomplir dit-il un acte citoyen et un partage d’idées. Pour lui, ce sujet est plus qu’important au vu de la période d’incertitude dans laquelle nous vivons, notamment pour les générations futures « nous appartenons tous à une classe minoritaire avec chacun nos préoccupations quotidiennes, c’est pour cette raison que nous devons essayer d’y apporter des réponses et des solutions collectives ».

Ravi de cette expérience démocratique avec « des échanges constructifs faisant appel aux vécus de chacun », il espère les candidats à l’élection présidentielle tiendront compte des propositions.

« C’est bien beau de râler dans son coin, mais c’est mieux d’essayer ! »   

Anaïs est une maman de 3 enfants qui habite près de Toulon. A 35 ans, elle est en reconversion professionnelle après une RQTH (reconnaissance en qualité de travailleur handicapé) à la suite de deux hernies discales. Responsable en grande distribution pendant 15 ans, formée sur le tard, Anaïs « regrette presque d’avoir eu cette RTH qui est plus un obstacle qu’autre chose. J’ai comme une étiquette ‘boulet’ au-dessus de ma tête et cette reconnaissance m’a finalement fermé beaucoup de portes ». Pleine d’entrain et dotée d’une grande volonté, elle a finalement trouvé une formation pour devenir coiffeuse qui devrait démarrer dans quelques mois.

« J’ai accepté de participer au débat citoyen d’APF France handicap, car je me suis dit que pour une fois, nous, les citoyens, pourrions peut-être proposer de nouvelles choses. C’est bien beau de râler dans son coin, mais c’est mieux d’essayer ! »

– Anaïs

Difficulté de trouver un interlocuteur compétent, difficulté à avoir une personne au bout du téléphone, des aides financières certes mais non humaines et des longueurs administratives sans nom pour obtenir des réponses, des amies infirmières sous payées… c’est tout ça qu’Anaïs voulait partager. De la démarche, elle a aimé les échanges et le changement de perspectives en découvrant les problématiques des autres participants. Elle a également apprécié l’intervention de l’économiste Pierre-Yves Geoffard et son « ton juste » pour décrire l’état de la société et ses perspectives.

L’avis citoyen reflète bien, selon elle, la nature des débats. « Cela peut paraître utopiste mais il est complet. Après tout, si on n’ose pas, si ne propose jamais, rien ne se mettra en place. ». La protection sociale est un sujet global « notre avis n’est pas partisan mais je crains qu’on nous réponde qu’il n’y a plus d’argent à la suite de la pandémie de Covid ». Anaïs aimerait que les candidats aient pourtant le courage de se pencher sur le sujet du rééquilibrage des dépenses et que les prestations soient réévaluées. A titre personnel, que retient-elle de cette expérience ? « Malgré les galères, tous gardent le sourire ».

« Sans devenir spécialiste du sujet, on en ressort avec plus de connaissances »   

Thierry, 59 ans, est consultant à Rouen dans le domaine de la formation et conseiller en stratégie et développement d’entreprises. Depuis la pandémie, il n’a pas beaucoup d’activités. « Passé 50 ans, c’est plus difficile » déclare cet homme aux multiples vies qui a un temps vécu à l’étranger.

S’il a accepté de participer au débat citoyen d’APF France handicap, c’est pour des « questions philosophiques ».

« Notre société souffre du manque de nuances, c’est presque devenu un gros mot quand on regarde les plateaux télé et les journaux des chaînes d’info. J’ai souhaité apporter ma pierre à l’édifice, me sentir utile, humain, dans un monde où j’en ai l’intime intuition l’Homme peut ne pas être un loup pour l’Homme ».

– Thierry

La protection sociale française est, selon, lui un modèle où l’on apprend le vivre-ensemble et qui est censé réduire les inégalités pour peu qu’on ne tombe pas dans « l’assistanat ». Pendant les échanges avec les participants, Thierry a préféré rester sur la réserve, ne pas imposer son point de vue et « ouvrir le débat plutôt que le fermer ». « Cela m’a ouvert des horizons. J’imaginais certaines situations, comme le mille-feuille administratif, mais j’ai pris conscience de l’ampleur de ses conséquences comme le non recours aux droits ».

Les débats l’ont aussi conforté dans l’idée qu’une partie des solutions ne peut venir uniquement des Etats et qu’il faut une dimension internationale comme des taxes sur les flux financiers. A ses yeux, la démarche participative est « enrichissante » car « sans devenir spécialiste du sujet, on en ressort avec plus de connaissances et plus d’éléments pour pouvoir nuancer le sujet et ne pas le prendre de façon simpliste ». Même s’il regrette certaines propositions un peu anecdotiques voire individuelles, il pense que l’avis citoyen est « une base de travail » qui offre des perspectives. Il souhaite des mesures concrètes et une prise de conscience plus large au niveau de la population. Est-ce que cela suffira à « développer une prise de conscience chez nos dirigeants » ? Il faut l’espérer car « il y a la matière pour celles et ceux qui voudront bien s’en saisir ».

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